Cultura / Culture/Gent d'aquì / Gens d'ici/Lenga nissarda / Langue niçoise/Teatre / Théâtre/Umour / Humour

Rescouòntra embé Richard Cairaschi



Avec une vingtaine de spectacles à son actif, depuis plus de 35 ans Richard Cairaschi se bat avec talent pour diffuser une culture niçoise drôle et vivante.

Des années maintenant que Richard Cairaschi nous fait rire en mettant en scène et en interprétant des personnages tous puissamment nissarts. Observant avec bienveillance les gens de ce pays, Cairaschi les sublime, les rend attachants. Grâce à ce sens du pantaï, à cette fantaisie typiquement nissarda, il fait des merveilles.

Richard Cairaschi est un auteur, metteur en scène, humoriste, écrivain, musicien… D’abord graphiste pour les pochettes de disques de Mauris Sgaravizzi, il bifurque naturellement vers la musique. Le hasard et son talent font le reste. En meublant avec sa tchatche incomparable entre les morceaux, il construit ses premiers spectacles. Les ateliers de création de Radio France le remarque et décident alors de lui confier un feuilleton radio. De ces six heures d’émission, il en gardera trois pour nourrir sa première pièce : « Le Bar des oiseaux » et amorcer ainsi avec Noëlle Perna (Mado la Niçoise) une collaboration de quatorze ans. Les rires qu’ils provoquent dans le Vieux Nice résonnent encore. Débi Débo, qu’on pourrait traduire par « de cabrioles en cabrioles » est le nom de la compagnie qu’il crée ensuite. Dans les années 90, beaucoup de Niçois le découvrent enfin avec Martine Pujol dans la trilogie des « Chaises de la Prom’ ».

La nouvelle pièce qu’il vient de finir d’écrire pour Aurélie Pelhon, la fille du grand poète niçois Alain Pelhon, s’intitule « Carré de Dames » et sera jouée à partir de décembre. Elle aura pour thème la vie de quatre Niçoises entre le littoral et le Haut Pays. Pour le moment on peut le retrouver sur le site de l’OGC Nice, où chaque semaine il part à la rencontre des joueurs de l’équipe. Des interviews où il n’est plus question de football mais de cuisine et de Nissa la Bella.

« Parler à Nice »

Avec des racines ancrées dans le moyen pays, entre Sospel, Luceram et Berre les Alpes où il pousse avec ses oliviers, l’auteur prend « autant de plaisir à s’occuper de ses arbres qu’à les raconter » . Des pages blanches, Richard en a noirci un certain nombre puisqu’on lui doit une vingtaine de spectacles. Mais il est également l’auteur du « Parler à Nice ».

Ce lexique d’expressions typiquement niçoises, paru aux éditions Gilletta, s’est vendu à plus de vingt mille exemplaires ! Un succès remarquable qu’il explique par la volonté de rendre accessible au plus grand nombre ce qui compose une partie non négligeable de notre identité : la langue. En facilitant la graphie, en mettant en scène les expressions, il a fait de ce livre un outil ludique à disposition des Niçois d’aqui et de cœur. Un petit livre qui a permis à tant de gens dans le Comté de mettre, ou de remettre un brin de nissartitude dans leurs conversations.

Car Richard Cairaschi se définit volontiers comme un artiste engagé, un militant de la nissardité. Il cherche dans ce qu’il entreprend à « avoir un discours différent ». « La vision de Nice colportée dans notre quotidien, notamment par la presse locale et nationale est une fausse image de m’as tu vu, loin de notre réalité. Oui Nice est une belle ville, mais c’est avant tout une culture, une langue, des gens, une manière de vivre bref… le Comté de Nice ». En plus de nous faire rire (et c’est déjà beaucoup), ses pièces et son travail ont pour vocation de donner aux spectateurs l’envie de s’intéresser à la diversité de la culture niçoise. En revenant à des choses simples : des fondamentaux d’amitié, d’humour et de convivialité, ses pièces permettent en quelque sorte de prendre la vie à la méditerranéenne. Avec recul et poésie plutôt qu’avec stress et méfiance.

Des aides publiques insuffisantes

Si Richard Cairaschi constate un renouveau de l’esprit niçois cultivé par une nouvelle génération qui prend le relais partout dans la musique ou le théâtre, il constate néanmoins qu’« ici plus qu’ailleurs il reste difficile de créer du local, même pour l’art contemporain qui n’a pourtant pas d’accent ».

« Vieure et travaillà au Pais * » est le résumé de la vie que Richard s’est choisie. Si l’étendue de son talent lui aurait sans aucun doute ouvert les portes d’une carrière nationale, le comédien a décidé de rester vivre à Nissa. « Parce que le vrai courage, c’est de savoir dire non aux sirènes »

Malheureusement, les aides publiques ne sont pas suffisantes pour laisser à la création contemporaine la place qu’elle devrait légitimement occuper : « Le discours officiel est pro-niçois, mais une fois en place on a le droit à la culture officielle et tout ce qui va avec. On ne peut pas faire de Nice une ville seulement de congrès, réservée aux fourestié *. Transformée en sucette, quelques uns en auront le bonbon et les autres le bâton ! »

 

Les DVD de Richard Cairaschi sont disponibles sur www.debi-debo.com mais également au Théâtre de la Cité, 3 rue Paganini à Nice.

* Vivre et travailler au pays

* Etrangers, Touristes






Publicités

2 réflexions sur “Rescouòntra embé Richard Cairaschi

  1. Pingback: Aurélie Péglion, comédienne | La Countea : le blog du Comté de Nice

  2. Pingback: « Le parler à Nice  de Richard Cairaschi | «La Countea : le blog du Comté de Nice

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s