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Rescòuontra embé Jeff Marro, président de « Nissart Per Tougiou »

Treize d’existence pour cette association qui pèse de plus en plus dans le Comté. Avec l’inauguration prochaine d’une « Maioun de la courtura nissarda », Nissart per Tougiou se dote d’un outil au service de la transmission et de la diffusion.

Rue du Trident à deux pas des anciens abattoirs de Nice. Dans ce quartier promis à la réhabilitation, les soci* de Nissart Per Tougiou sont au travail. Dans quelques semaines s’ouvrira « Lou Trident » un local de près de 300 m2 sur deux niveaux. En tenue de chantier, Jeff Marro nous accueille  ; nous filons déjeuner au Trambalan, un havre de nissartitude en plein cœur du quartier San Roch.

Une nouvelle génération

Issu d’une double culture puisque né d’un père niçois et d’une mère corse, Jeff Marro, aujourd’hui avocat au barreau de Nice est issu du quartier Riquier. En fréquentant la faculté de Nice, à la fin des années 80, il prend définitivement conscience de sa nissardité et décide de s’engager. « A cette époque, la culture niçoise avait une image plutôt péjorative. Parce qu’elle était populaire, elle était considérée comme ringarde et folklorique ; sans parler de l’extérieur où nous étions perçus comme des voleurs ou des feignants ».

Nissart Per Tougiou est fondée en 1997, dans le contexte post Médecin. Contrairement au milieu culturel plutôt à gauche, les associations, notamment celles qui avaient bénéficié de financements municipaux, sont considérées comme de droite.

« Dès l’origine, notre démarche a été apolitique, hors clivage. Il était temps d’agir afin de se réapproprier notre patrimoine et notre culture ». « C’était le désert, nous ne nous reconnaissions pas dans les autres associations. Soit parce qu’elles avaient été para-municipales, soit parce que ceux qui la composaient étaient d’une autre génération  ».

Entre ces deux générations, il existe justement des différences très importantes. Comme le fait de devoir réapprendre la langue : « car contrairement à nos grands parents, le niçois n’était pas notre langue maternelle ». Au milieu des années 90, à force de lecture et d’écoute, Jeff et ses amis l’apprennent ; à un moment où même le terme «  nissart » n’existe presque plus. (Il n’est alors quasiment pas utilisé, ni par la presse locale, encore moins par les politiques).

Un accélérateur d’intégration

Pour Jeff Marro, la priorité passe par la reconquête de la langue. « Son rôle est primordial : c’est avant tout un plaisir mais aussi un signe de reconnaissance entre tous les niçois du littoral et du haut pays. Son but n’est pas d’exclure, bien au contraire, mais d’échanger et d’intégrer ! Car depuis des siècles à Nissa, il existe une sorte de petit miracle : en moins d’une génération on peut devenir nissart  ».

En fait, en considérant la nissardité comme un accélérateur d’intégration, il s’agit tout simplement d’occuper un rôle joué par la République française autrefois et qui ne fonctionne plus aujourd’hui.

« Tous ceux qui sont nés ou ont choisi de vivre ici, ont l’opportunité de se retrouver autour de quelque chose d’indiscutable, de positif et de refuser ainsi de s’inscrire dans une logique de résident. Malheureusement la République française s’est trop longtemps acharnée contre ses cultures au lieu de les encourager. Si on ne veut rien imposer à personne, qu’on ne nous dénie pas le droit d’exister ! En tant qu’insulaires sur le continent, il a fallut compter sur nous même ».

Défendre, promouvoir, transmettre

Mais la tiédeur de la République n’est pas la seule à blâmer, beaucoup de niçois ont pendant trop longtemps refusé de partager leur culture.

« Notre rôle en tant qu’association est d’être un trait d’union, de transmettre. Disposer d’une culture comme la nôtre est une chance ! Nous devons faire en sorte que les gens qui vivent désormais ici s’y reconnaissent ».

A l’opposé de la Côte d’Azur, la Countea possède une culture forte et intense mais qui peut encore s’enrichir : « la propager c’est apporter une réponse au vide culturel ambiant ».

Nissa est-elle sur la bonne voie ? « Si les racines n’ont jamais été coupées, nous avons subi l’hiver ; aujourd’hui c’est de nouveau le printemps. Mais rien n’est acquis, il faut une prise de conscience et c’est un effort de chaque instant. Si au quotidien il n’y a pas d’associations ou de création, nous disparaîtrons ! ». Au bout de treize ans, Nissart per Tougiou est devenue une association pérenne et reconnue qui repose sur ses soci* actifs et motivés. Pour résumer son action : « lorsque quelqu’un se découvre ou se redécouvre nissart, notamment les jeunes, pour nous c’est une victoire ! ».

« Lou Trident »

« C’est un vrai défi : il s’agit d’en faire la maison de la culture niçoise avec cours de nissart, de musique, de danse, de cuisine… Mais notre objectif est d’être avant tout un lieu de création et de rencontres. La culture niçoise doit se développer et passer à la vitesse supérieure pour éviter la stagnation. » Bref pour Jeff Marro, la nissartitude est à un carrefour : « le XXIe siècle sera nissart ou ne le sera pas, enfin … plus »

 

* membres

Nissart per tougiou donne des cours de nissart, tous niveaux,  trois fois par semaine: les horaires sont accessibles ici : Cliquez !

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