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Christian Bezet e Lo Mago d’en Castèu

 

Rendez vous chez Giuseppe & Pepino, place Garibaldi avec Christian Bezet, co-fondateur du groupe folk-rock nissart. Dix ans d’existence et cinq albums pour ce « Mago » dont l’âme nous vient de la terre du Comté. Quelque part entre la vallée du Paillon, le Mont Bégo et ses Merveilles.

Christian Bezet, chanteur et auteur de tous les textes du groupe, s’est un jour brusquement découvert nissart.

« Je pensais que le niçois n’existait plus, à part pour les manifestations folkloriques. A la maison, mon père ne le parlait pas ». En découvrant les disques de Mauris, de Sauvaigo et de Pelhon au début des années 80, il rencontre une langue qu’il apprend seul.

« Ca a été un choc, je me suis rendu compte qu’on pouvait être Niçois aujourd’hui, que cette langue pouvait chanter la vie ». S’il a grandi sans l’avoir dans l’oreille, ni même en avoir conscience, sa découverte du nissart est « une seconde naissance ». « De manière un peu irrationnelle, la langue m’a parlé. Elle était en symbiose avec ce que j’étais, avec qui j’étais. »

« La langue c’est la mémoire des pierres »

La particularité du Mago est de porter la lenga nissarda dans l’univers folk-rock des années 70, celui de ses influences. Mais il y a aussi du Renaud chez Christian Bezet. Du chanteur français, il aime ses textes, son côté entier et un timbre qu’il partage presque.

« La langue est un médium qui parle de la vie, des gens, du travail, de l’amour… Au coeur de ses mots se cache la mémoire des pierres. De cette mémoire, les langues locales racontent tout bien mieux que les autres, en chantant le quotidien des hommes ».

Par amour, Christian Bezet rencontre en même temps la musique et l’idiome. A celle qui deviendra sa fremà*, il veut chanter dans ce niçois qu’il a fait sien. Elle porte les textes à Mauris qui conseille au chanteur novice d’écrire ses propres chansons. Peu de temps après il crée un duo avec Fabrice Turchi (guitare et viole de gambe). D’autres musiciens les rejoignent : Lo Mago est né. Une série de concert dans le Comté aboutit sur un premier disque. Leur dernier album, le double live, « Canal préhistorique » est sorti en 2009. Le prochain est prévu pour juin 2011.

Si les membres du Mago se définissent comme des « Sioux d’Aquì », l’influence et le nom du groupe (en français : le sorcier du château) tire et étend ses racines de la Méditerranée à la Countea. « Les gravures rupestres de la vallée des merveilles, le mont Bégo, les forêts, les rivières du Comté parlent en nissart, comme le Niolu corse, Larrun le basque ou les côtes armoricaines le breton ». C’est vrai qu’en écoutant le Mago, la foudre redevient divine. Le sorcier puise ses textes et sa musique de cette force intemporelle, universelle qui nous vient des tréfonds des âges et du temps, à la frontière de la magie et du surnaturel. Un monde où Terra Amata peut être le présent conjugué au futur.

« La terre d’ici est un bout de la terre d’ailleurs »

Quand il commence, Christian Bezet est un extraterrestre parmi ses amis. Ils jouent Bob Dylan, lui et sa guitare chantent Mauris Sgaravizzi. Petit à petit, il apprivoise le niçois, se l’approprie. Il se définit comme un militant de la langue mais « être nissart n’est pas une fin en soi, il ne faut pas s’enfermer. Ce n’est pas quelque chose qu’on perd, il est inutile de le défendre. Au contraire, il faut continuer à le porter et à le transmettre ».

Alors qu’est ce que la nissardité pour l’artiste ? « On devient vite quelqu’un d’ici, attaché à cette terre. La ville est recouverte de béton pourtant il reste quelque chose dans l’air. Mais quoi ? C’est ce que j’essaye de retransmettre avec le nissart. C’est grâce aux chansons que j’ai appris la langue, si quelqu’un y vient en écoutant les miennes alors c’est une victoire ».

« Tout le monde ne parle pas anglais »

La journée, il est jardinier. Les autres membres du groupe travaillent également.

« Quand on a conscience de vivre ici, on ne vit pas sur la Côte d’Azur, ce sont les gens de l’extérieur qui nous le disent. La Countea, ce sont des hommes et des femmes qui se lèvent chaque matin pour aller travailler, trop souvent pour de maigres salaires. Seule une petite minorité saute de Cannes à Monaco en grosses berlines ».

Si Christian Bezet chante à sa façon l’âme de notre pays, il est rare de l’entendre à la radio. « Lorsque je reviens du Pays Occitan c’est pourtant à Nice que j’entends le plus la langue. On me dit que les gens ne comprennent pas le niçois, pourtant je ne suis pas certain que tout le monde parle couramment l’anglais ». « On ne fait que réagir en chanson à ce qui se passe au quotidien. Aujourd’hui ceux qui créent doivent donner l’envie au jeunes d’en faire autant ». Et pas seulement aux jeunes.

D’ailleurs c’est en chantant en niçois que le musicien s’est rendu compte que son père le comprenait… et le parlait.

*femme

Le Mago d’en Castèu est composé de Christian Bezet, Fabrice Turchi, Lionel Carrlet, Vinciane Hansberger, Antoine Hansberger, Thierry Grosso et Cyril Itte. Les albums sont disponibles à Hit Import, rue Lépante à Nice.

Plus d’infos sur www.lomago.com

Retrouver Nissa & Countea dans le Petit Niçois tous les jeudi. A paraître le 9 décembre: Annie Laligant, la conteuse du Comté




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Une réflexion sur “Christian Bezet e Lo Mago d’en Castèu

  1. Pingback: « Lo mièu Païs  par Christian Bezet | «La Countea : le blog du Comté de Nice

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