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Rescòuntrà embé Annie Laligant, la conteuse du Comté

 

Il était une fois une niçoise comme les autres, qui, un beau jour, a pénétré l’univers du conte. Elle en a fait sa profession de foi, contant d’aquì et d’aià dans la Countea, avec passion et enthousiasme.

Annie Laligant a grandi à Arson, entre le port de Nice et le quartier Riquier. Dès son plus jeune âge, le niçois de ce quartier populaire se faufile naturellement à son oreille. Petite, elle aime côtoyer les « mémés » du square qui tricotent tout en pastrouilhant (discutant) dans un mélange de nissart et d’italien.

Trent cinq ans plus tard, elle change radicalement de vie. Celle qui, jusque là, était femme au foyer devient soudainement conteuse et prend conscience de sa culture nissarda. Nous sommes au début des années 2000 : alors qu’elle suit une formation professionnelle, elle tombe par hasard sur le module «  conteur ». Un attrait irrésistible pour ce monde dont elle ignore tout la pousse dans cette voie. C’est la rencontre avec sa vocation.

Si elle fait rire son entourage lorsqu’elle raconte des histoires, tous sont d’accord sur le fait que la voie du conte est sans issue. Convaincu par son talent, son formateur la dirige vers d’autres ateliers. Afin «  d’apprendre le métier », elle suit d’autres formations, prodiguées par de grands conteurs français. Une première scène aux « Fourre de Rire », une rencontre fondatrice avec le marionnettiste Serge Dotti et elle se fait progressivement connaître dans la région.

« On va commencer par vous faire perdre votre accent »

Entre temps elle pense prendre des cours de théâtre. « J’y suis allée une fois. On m’a dit  : on va commencer par vous faire perdre votre accent. Je n’y suis jamais retournée ! ». «  Alors que le théâtre est au service d’un texte. Le conte, exige savoir se mettre à l’entière disposition d’une histoire  ». Pour bien se raconter, un conte doit se vivre ; sa faconde, son accent, sa manière de donner littéralement vie à une histoire faite le reste. A ceux qui les auraient perdu, elle redonne les clés de l’imagination : il suffit simplement de la suivre. Elle utilise le français la grande majorité du temps mais Annie reste une conteuse niçoise. « Entre mon accent et les expressions qui m’échappent, je mets du nissart dans mon français et ça devient presque du niçois ! ». Son premier spectacle, «  Quelques contes à régler » est le fruit d’une collaboration avec Aurélie Pelhon, comédienne et metteuse en scène. C’est naturellement qu’elle participe au Festival du Conte organisé par le Conseil général des Alpes-Maritimes. Un festival international qui se balade chaque été dans les villages du département.

« Le conte, un vrai rôle social  »

Parallèlement, elle monte des premiers ateliers pour les enfants à l’école primaire du Port. « Je leur apprends les expressions niçoises, mais aussi l’histoire de Ségurane, les histoires de Nice… ». La CCI la contacte pour les journées «  Portes ouvertes » du Port et elle joue son spectacle pour plus de huit cent pichouns, tout en collaborant avec Richard Cairaschi.

Annie Laligant consacre beaucoup de son temps à la transmission. « La fonction du conte est essentielle. Beaucoup plus importante que ce que l’on pourrait d’abord penser. Pour les enfants, les contes servent à développer l’imaginaire, à faciliter l’expression. Le conte est un récit court, qui utilise des mots de tous les jours. Il y a un point de départ, puis survient un problème. Le héros part et rencontre sur son chemin des alliés et des ennemis. En général, ça se termine bien. Il ne s’agit pas seulement de facéties. Les histoires de sorcières vont par exemple servir aux enfants à exorciser leurs peurs. Le conte est un moyen de se construire, de se structurer  ». Ils ne sont pas réservés qu’aux enfants, ceux d’Annie s’adressent et emmènent tout aussi loin les adultes.

« Autrefois, grands et petits se retrouvaient pour les veillées, ils pouvaient rire ensemble mais aussi tenter de dépasser, de résoudre leurs peurs d’une manière symbolique ». Le conte n’est pas seulement un spectacle ou une animation. Depuis toujours il occupe un vrai rôle social.

L’importance des racines

« Si tu veux vouloir parler du monde, tu dois savoir parler de ton village ». « A mon échelle, j’essaye de faire passer tout ce que je peux donner, notamment aux petits. Il faut commencer par les enfants pour qu’ils puissent grandir avec une culture commune. Nice donne des racines à tous, même à ceux qui viennent d’horizons divers. Au moins ils sont tous niçois et tout le monde a besoin de fondations et d’un socle ».

On retrouvera Annie Laligant pour les fêtes sur la place Rossetti.

Accompagnée de sa complice Maryse Mazzani, une conteuse maigrana (grand-mère), elles nous raconteront l’histoire d’un petit loup du Mercantour, que la faim fini par amener dans les rues du Vieux Nice un soir de Calèna (Noël). Ce sera l’occasion d’initier les spectateurs aux spécificités du Noël niçois tel qu’il se fête dans tout le Comté.

 

Vous pourrez également écouter son nouveau spectacle « Invitation aux contes de fées » sur la place Garibaldi les 26 et 30 décembre à 15 h. Plus d’information sur son site : www.annie-laligant.blogspot.com

 

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