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Aurélie Péglion, comédienne

 

De clown à comédienne

Avant tout, il faut savoir que le nom qu’elle porte est connu à Nice et dans toute l’Occitanie : Aurélie est la fille d’Alan Pelhon, un des plus grand poète niçois contemporains (on doit au poète né à Coaraze, mort prématurément à 46 ans des suites d’une longue maladie, parmi les plus beaux textes écrits en nissart). A cinq ans, Aurélie découvre Annie Fratellini. Elle veut devenir clown.

Si elle ne suit pas les pas de l’artiste, elle emprunte très jeune la route de la comédie. «  Un passage à la faculté de Nice mis à part, je n’ai jamais changé de voie et à 21 ans je devenais intermittente ». Dès l’âge de seize ans et pendant sept ans, elle s’implique activement dans une troupe de passionnés de théâtre et de spectacle vivant. Paris ? Elle fait son choix et refuse de monter à la capitale. « Je n’avais ni l’envie de faire une quelconque école et encore moins celle d’y faire carrière ». Parallèlement à son activité artistique, elle entretient un fort engagement politique motivé par son refus de l’injustice : «  ce qui me passionnait, c’était de rencontrer des gens avec des convictions ».

L’aventure des Diables Bleus

C’est donc tout naturellement qu’elle fera partie de l’aventure du collectif des Diables Bleus. En 1999, des artistes, des peintres, des sculpteurs, des musiciens mais aussi des agriculteurs locaux squattent ces bâtiments abandonnés à l’Est de Nice. La Faculté, propriétaire des lieux leur accorde le titre de « résidents légaux ». «  Tout le monde avait des préoccupations très éloignées et c’est ce lieu qui nous a réuni  ». Pendant cinq ans, cet espace unique en France, ce vivier de création niçoise s’autogère et crée au quotidien. Cette « incroyable expérience collective » nourrit la comédienne. «  C’était un merveilleux moment de pantaï* à Nice et j’espère vraiment qu’on en connaîtra d’autres ».

La municipalité de l’époque ne cache pas son hostilité. La faculté « doit s’agrandir », la convention prend fin. L’expulsion est ordonnée, le déploiement des forces de l’ordre impressionnant. Le collectif est expulsé et la mairie procède à la destruction du bâtiment le jour même. Les 3 000 m2 de locaux dédiés aux échanges culturels seront remplacés par des emplacements de parking. « Nous avons été atomisés. Beaucoup se sont d’ailleurs exilés et ont quitté Nice. Comme le dit Serge Dotti, la plupart de ceux qui créent à Nice sont malheureusement des exilés de l’intérieur  ».

La force du pantaï

Après s’être beaucoup impliquée dans toute sorte de projets collectifs, Aurélie Péglion se recentre autour de son métier de comédienne. Elle accompagne Serge Dotti dans la création du théâtre du Pois Chiche et c’est avec le marionnettiste qu’elle montera « Viva Garibaldi » un spectacle qui rencontrera un franc succès.

« Je jouais la mère de Garibaldi. Même s’il s’est battu aux quatre coins du monde, c’est un personnage profondément niçois ». « Ce n’est d’ailleurs pas étonnant qu’il ait choisi de vivre si longtemps en Amérique latine. Ce sont des cultures proches, faites de fantaisie et de pantaï mais aussi empreintes de violence. Ce ne sont pas des endroits lisses, peut être parce que le pantaï, s’il peut déplacer des montagnes, comporte en son sein une force éminemment destructrice. Mais en tant que comédienne, c’est ce pantaï qui m’anime. Une envie de dire, d’utiliser la parole pour raconter et j’ai la chance d’exercer un métier de liberté ; même s’il faut se battre tous les jours ». Nice ? Une ville qu’elle aime et qui l’inspire. « Quand on a connu cette lumière, comment vivre ailleurs ? ».

« Carré de dames » de Richard Cairaschi

Aurélie Péglion est en ce moment à l’affiche de « Carré de dames », un spectacle écrit et mis en scène par Richard Cairaschi. Quatre tranches de vies de femmes qui évoluent à des époques différentes. De la première guerre mondiale à la seconde, en passant par mai 68 mais aussi le futur. « L’écriture de Richard est empreinte de sincérité et teintée d’émotion. En tant que metteur en scène, il fait beaucoup travailler, j’ai du réapprendre mon accent, mais pas pour faire rire. Pour parler tout simplement ». « Carré de dames » est une création niçoise, pas nissarda, (le spectacle est en français). Pour autant, l’écriture est évidemment influencée par la ville : l’écriture de Cairaschi retranscrivant avec justesse toute l’amplitude et la sensibilité de l’âme niçoise. « Le message est universel. J’aime ces femmes, je rie et je pleure avec elles. La force et la fragilité sont naturelles chez nous ».

Vous pourrez aller assister à ces quatre portraits qu’elle interprète seule en scène les 14, 15 et 16 janvier au théâtre de la Tour, avenue Gorbella à Nice. Un spectacle que nous vous encourageons vivement à aller voir afin de soutenir la vitalité de la création artistique dans le Comté de Nice.

 

* pantaï : mélange de fantaisie et de rêve. Notion et expression typiquement niçoise.

Photo : © JC Fraicher

 

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