Cultura / Culture/Espetacle / Spectacle/Gent d'aquì / Gens d'ici/Lenga nissarda / Langue niçoise/Musica / Musique

Rescouòntra embé Louis Pastorelli

Louis Pastorelli et Nux Vomica en Concert (Photo: Eric Guarnieri)

Depuis quinze ans, avec Nux Vomica en passant par le Carnaval indépendant de Saint-Roch, Louis Pastorelli a été sur tous les fronts du renouveau de la culture nissarda.

Un niçois au Brésil

Ses grands parents vivaient dans le Vieux Nice, mais l’artiste a grandi à Saint-Roch. Il y vit toujours. Enfant, Louis évolue avec le nissart mais ne le parle pas : « en fait pour moi cette langue n’avait pas de nom. Dans mon environnement elle était naturelle, au Vieux Nice tout le monde parlait niçois ; c’était normal ». Très jeune, il veut découvrir le monde et pendant dix ans, il voyagera de l’Afrique au Brésil.

Il y vit quelques années et paradoxalement c’est là bas qu’il redécouvre sa culture. « Je me suis rendu compte que si je ne parlais pas le portugais, je le comprenais. J’ai fait le lien avec le nissart ! ». Il donne des cours de français : « les responsables me demandaient de corriger mon accent, alors que partout où je passais on me renvoyait l’image du français comme si j’étais parisien ».

« C’est Saint Roch, quartier de Nice ! »

Beaucoup connaissent Pastorelli comme le chanteur de Nux Vomica. Pourtant, c’est comme artiste-peintre que Louis a débuté. Avec Vincent Calassi et Maurice Maubert, ses complices de toujours, ils occupent le hangar San Roch. L’entrepôt devient un lieu de travail, de création mais surtout un lieu de vie ; à mille lieues d’un art contemporain snob et élitiste, qui les considère « comme des ringards et des ploucs ». Au contraire, toute l’équipe milite pour un art populaire et s’inscrit dans une démarche volontaire, collective « afin de redonner un sens aux choses ». « Par exemple, notre plus grande œuvre d’art, ça a été le Carnaval indépendant de Saint-Roch ». Sans autorisation et avec peu d’organisation le contre carnaval réussira l’exploit de réunir plus de deux mille personnes dès la première édition. Pendant vingt ans, les niçois s’empareront de ce Carnaval pour lui redonner son côté originel : festif, populaire et nissart. Bref, l’opposé du défilé à vocation touristique que constitue aujourd’hui le Carnaval officiel. Pour transmettre leur message et toucher le plus grand nombre, ce qui n’était qu’une performance se transforme en projet. Les peintres deviennent musiciens et chanteurs : Nux Vomica es naissut (Nux Vomica est né).

Une manière d’être, de penser

Mais pourquoi créer et militer à ce point pour la culture niçoise ? « Les Niçois ont été dilués par l’importance du peuplement au cours de ces dernières années. Aujourd’hui, la culture niçoise doit être un vecteur pour que les gens se parlent, échangent, disent ce qu’ils ont envie de dire, afin qu’ils soient en mesure de créer des contrepouvoirs. Il faut rêver, il faut des utopies. C’est le pantaï qui permet de bouger et de faire avancer les choses, là où chacun le peut, le veut… mais à une échelle humaine. Estre nissart, c’est avant tout une manière de penser, une manière d’être. Une réflexion sur comment nous vivons. Un appel à vivre mieux. Bref, le contraire de la course effrénée à l’argent et au superficiel symbolisée entre autre par la Côte d’Azur ».

Suisse, Espagne, Italie… Nice ?

Nux Vomica a tourné en Italie, en Hollande, en Suisse, en Espagne, dans le Sud Ouest et au Brésil… « Mais la mairie de Nice ne nous a jamais acheté un concert ! ». Le constat est partagé par tous : il est extrêmement difficile de créer localement. « Ca remonte sans doute aux années 70 quand Médecin a supprimé toutes les MJC, mais Nice manque de salles moyennes et dans celles qui existent, la culture locale, a à peine le droit de citer. Mais pour que la culture vive, il faut que les groupes puissent aller à la rencontre de leur public ». Mais le pire est que « pour qu’un CD de Nux Vomica soit disponible dans une bibliothèque municipale, il faut qu’il passe devant une centrale d’achat à Paris, puis devant une commission… ». Heureusement ce ne sont pas les multiples bâtons dans les roues qui ont empêché Louis Pastorelli d’être un des artistes nissart les plus actifs et connus. L’heure du bilan est encore loin, « il reste beaucoup de choses à faire ». « Mais pour les jeunes, ça devient de plus en plus difficiles, les espaces de libertés tendent à se restreindre ».

Gigi de Nissa

En juin dernier, Louis Pastorelli a sorti son premier album solo chez Manivette Records. Le disque se vend bien, il est disponible chez tous les disquaires. « Pasto » explore un univers plus intime, celui du chanteur populaire. Le label est basé à La Ciotat, l’occasion pour le chanteur qui ne se reconnaît « ni dans les drapeaux ni dans les frontières » de collaborer avec Moussu T, le chanteur marseillais. Mi-français, mi-nissart, l’album est un indispensable. Dans ses textes, on retrouve le Nice qu’on aime, tout simplement.

« Les anciens qui meurent en ce moment sont les derniers à avoir eu le nissart comme langue maternelle. A nous de trouver les outils pour le transmettre et donner envie de l’apprendre au plus de gens possible. Sinon on va finir par nous dire qu’à Nice, on n’a jamais eu d’autre culture et d’autre langue que la France et le français ! »

 

ECOUTEZ ET ACHETEZ L’ALBUM !


Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s