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Leonora Rumsen vi fa balà !

 

Balèti ! Pourquoi les danses collectives ne sont pas forcément si traditionnelles que ça et attirent un public d’amateurs toujours plus nombreux ? C’est que nous explique cette semaine Leonora Rumsen, la plus niçoise des brésiliennes.

Rio de Janeiro – Nissa

C’est au Brésil que Leonora voit le jour, d’un père juif allemand ayant fui la guerre et d’une mère originaire de Rio. Très jeune elle y étudie le français et suit des études de lettres. A tout juste 24 ans, elle rencontre un Niçois et par amour décide de le suivre dans son Comté natal. Rio et Nissa partagent des montagnes, une baie et un carnaval mais le choc culturel est plutôt violent. « Je ne connaissais personne mais j’ai eu de la chance de me retrouver dans une famille vraiment niçoise.

Par exemple, mon mari avait une tante qui parlait presque exclusivement nissart ». Première rencontre alors avec la langue niçoise, pour celle qui, jusqu’à son arrivée, enseignait le français au Brésil. La confrontation est directe : « je comprenais le français mais pas l’accent niçois ! Finalement aujourd’hui ça me semble toujours bizarre d’entendre parler français sans l’accent ». Mis à part le parler, ce qui la marque en premier ? « On passait beaucoup de temps à table, à manger ! ».

Retrouver des racines

« C’est toujours difficile d’être déracinée. Même si je parlais français, j’ai mis du temps avant de pouvoir me sentir bien ici, de pouvoir me faire des amis par exemple. Aujourd’hui, j’arrive à un moment où le temps passé au Brésil et celui passé à Nice me semblent équivalents. Alors, à quel lieu j’appartiens le plus ? ». Les premières années, Leonora enseigne le français aux étrangers à Antibes, puis le portugais aux français. E aloura lou nissart dintre tout acò ? « J’aime les langues, alors naturellement j’ai pris des cours de nissart. J’y ai retrouvé des mots, des expressions semblables au portugais mais ce sont surtout les interjections spontanées qui sont très proches ».

La transition se fait sur plusieurs années mais la brésilienne finit par retrouver des racines à Nissa. « Ca s’est fait avec de la volonté, je voulais trouver du sens pour finalement faire partie d’ici et y être intégrée. Maintenant j’ai une histoire avec Nice, ça a mis du temps mais aujourd’hui je suis niçoise ». Comment voit-elle l’évolution de cette culture qu’elle a su faire sienne ? « En ce qui concerne la nissartitude, il faut la porter de l’avant ! N’ayant aucun grand parent niçois, c’est difficile pour moi d’être nostalgique ! ».

Et dansez maintenant !

Après un Master d’Ingénierie culturelle elle décide de changer de voie. Leonora se tourne aujourd’hui vers sa passion de toujours : la danse. Plus que d’être devenue niçoise, elle contribue activement au dynamisme de notre culture, par son implication dans les balèti. « Je danse depuis que je suis enfant. Au Brésil, la danse ‘sociale’ est vraiment un plaisir partagé par tous. Je ne retrouvais pas la même approche à Nice, encore moins pendant le carnaval ». Mais lorsque Leonora se rend à la fête de Lou Dalfin, à Borgo San Dalmazzo, (de l’autre côté de la « frontière »), elle « flash » sur les danses traditionnelles occitanes.

« Il y avait 2 000 personnes qui dansaient ensemble sur des mouvements identiques ! C’est à ce moment que j’ai découvert les balèti locaux. J’ai vraiment eu envie de m’impliquer dans ces danses collectives ». Faire revivre ces danses populaires demande beaucoup d’énergie. « L’univers des danses folkloriques en costume ne me parlait pas particulièrement, alors on a beaucoup travaillé pour imaginer des danses traditionnelles mais modernes, grâce notamment à de nombreux ateliers ». C’est vrai qu’aujourd’hui, voir des dizaines de jeunes (et moins jeunes) échanger des pas de danses coordonnés lors des concerts des Rauba Capèu ou de Nux Vomica a de quoi surprendre. Les touristes de passage comme les vieux niçois !

L’équation : recréer sur du traditionnel

« Nous avons recrée des danses  : un peu de courenta (originaire du Piémont qui se danse à deux, un peu comme une valse) alternée avec des pas inspirés des danses traditionnelles du Comté  ». En fait, ces danses sont finalement intemporelles et si elles attirent de plus en plus actuellement, c’est sans doute par leur aspect éminemment convivial et collectif. « Ce qui fait l’intérêt c’est justement faire danser les gens ensemble, c’est un moment unique ! Rien ne ressemble aux sensations qu’on peut avoir. Les gens se touchent, c’est joyeux, c’est une communion. On ne fait pas la« mourre de taula »* quand on danse ! L’important c’est de se lancer. Ce n’est pas de bien danser puisque ça s’apprend vite ! ».

Une opérette niçoise en projet

A partir du mois de mars, des ateliers gratuits et ouverts à tous seront dispensés à la Semeuse en vue de la seconde édition de la Fête des Mai dans le Vieux Nice. Mais un projet de plus grande ampleur se prépare. Une collaboration, presque un mariage mixte entre Robert Ripoll (longtemps impliqué dans les danses folkloriques) et Leonora autour d’un projet déjà écrit d’opérette niçoise. Ce spectacle musical et de danses est ouvert à tous. Avis donc à tous ceux qui voudraient y participer, le recrutement se fait de 7 à 77 ans !

 

Contactez Leonora : strochboulegan@free.fr

* Faire « la tête »


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