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Le Petit Niçois revient sur la 200e de Raggapero ! (Réecoutez le podcast de l’émission!)

 

Une émission niçoise par excellence

Dans le Comté, l’apéro se déguste en musique : bienvenue sur Fréquence K ! Chaque vendredi, de 18 h à 20 h, la radio laisse l’antenne à trois compères de longue dates : Djé Fantino, Patrici Arnaudo et Dedou Nocentini.

Et ce rendez vous hebdomadaire, de nombreux niçois ne le manquerait pour rien au monde. « Raggapero, c’est une émission niçoise par excellence, qui trempe nonchalamment ses orteils dans la méditerranée, du côté du port, le corps alangui sur le cômté nissart tout entier, de part et d’autre du Paillon. La tête à l’ombre des forêts du Mercantour, mais dont les bras ouverts englobent également avec bienveillance toutes les cultures du sud » commente Patrick Gachet, l’un des nombreux intervenants ponctuels de l’émission.

De TSF à Fréquence K

L’histoire commence il y a treize ans, quand Djé Fantino prend contact avec TSF pour leur proposer une émission consacrée au ragga. « Mais pas n’importe lequel. Depuis 1991, je m’étais intéressé au son italien. Il y a là bas énormément de productions en langues régionales. Du Nord au Sud, du sicilien, au napolitain en passant par le pugliese et le piémontais. Tout ça se passait à 50 kilomètres, pas à 5000 ! Aujourd’hui encore, les Italiens ont gardé tout un réseau de centres sociaux et de salles qui leur permettent d’avoir un dynamisme musical vraiment étonnant ».

Peu de temps après, TSF fait le choix de s’orienter sur une programmation 100% jazz. Fréquence K contacte Djé pour récupérer l’émission sur son antenne. Patrici Arnaudo, que les auditeurs de France Bleu Azur connaissent bien (il présente chaque matin la chronique bilingue « Istoria d’aquì »), le rejoint presque aussitôt. L’alliance du son « local » et de la touche nissarda est née ; l’aventure dure, jusqu’à fêter vendredi dernier la 200e édition de l’émission !

La voie du Comté à travers les ondes

A l’heure ou les niçois remontent les vallées de la Countea pour le week end, l’antenne de la radio associative qui émet depuis Carros se chauffe progressivement. Deux heures d’émissions hebdomadaires où il est question de musique, mais aussi de tout ce qui fait l’actualité du Comté. Musiciens, écrivains, comédiens, associations… le tout entrecoupé par les appels d’auditeurs. L’emblème de l’émission est un poulpe.

« Ses tentacules s’allongent pour se nourrir. Nous, on écoute, on centre et on rediffuse ! ». A Raggapéro, on parle beaucoup nissart, mais plus que la langue, c’est surtout une mentalité qui s’exprime. « On veut faire découvrir ce qu’il se passe chez nous. C’est l’occasion de diffuser les groupes locaux, on est la seule radio FM sur le département à le faire. Mais on a également tissé beaucoup de contacts avec d’autres groupes partout en Europe. Notamment avec les italiens. Se pencher sur nos racines niçoises est l’occasion de découvrir ce qu’il se passe ailleurs. Les bénévoles n’ont aucune prétention « tout se fait dans le bonne humeur, l’amitié et la convivialité ».

L’émission n’est pas écoutée que dans le Comté. Grâce à Internet les exilés du monde entier ont droit à leur deux heures de nissartitude hebdomadaires. On retrouve des auditeurs à Bordeaux, Paris, Sochaux… mais aussi en Allemagne, au Canada et bien sur en Italie. Sans doute parce qu’on y retrouve une liberté qu’on ne retrouve plus ailleurs. « Sur les autres antennes, le temps est calibré, encadré et formalisé. Nous, on peut laisser aux gens le temps de s’exprimer ».

Raggapéro en public !

Il y avait foule au Bar Saint Claude d’Aspremont où environ deux cent personnes se sont pressées pour fêter l’événement. « On y pensait depuis deux ans, dans l’idéal on aimerait désormais pouvoir faire une émission en public tous les deux mois ».

Car la soirée de vendredi fut un grand moment : Louis Pastorelli, Christian Bezet, Les Rauba Capèu, Lu Banes, l’AOC Castagniers, Lo Cepon, Li Falabracs… et même Zéphirin Castellon, 85 ans, un des compositeurs les plus connus du Comté (et au delà de ses frontières) avaient fait le déplacement. Une soirée qui s’est poursuivit tard dans la nuit, avec un balèti improvisé, démarré spontanément dès la première heure d’émission.

Toutes les générations étaient représentées, énormément de jeunes d’ailleurs, fifres aux lèvres, pendant que les autres dansaient ou chantaient. Dans un coin, un petit groupe suivait avec attention les joueurs de mourra criant et s’agitant. La langue se parlait naturellement. Les quelques « fourestiers »* qui par hasard s’étaient aventurés au Saint Claude n’en revenaient pas, mais restèrent pour la musique et l’accueil chaleureux.

Tous pouvaient légitimement se demander si le combat (non plus pour la défense mais) pour la propagation d’une nissartitude ouverte et chaleureuse ne commençait pas désormais. Un peu comme si le plus dur était derrière. Vendredi soir, sur les hauteurs de Nissa, la « Côte d’Azur » et ses mirages semblaient loin, très loin. Sans qu’on puisse distinguer s’ils appartenaient à une autre dimension ou s’ils n’étaient que les fruits fades d’une parenthèse historique.

 

*fourestiers : étrangers

REECOUTEZ L’EMISSION !

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