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Littérature: Rencontre avec Pacal Colletta

 

Le champion international de Mourra originaire d’Ilonse est aussi un auteur de talent. Pascal Colletta présentait la semaine dernière son dernier livre : « 150 Ange 1914 »

Contente toi de ce que tu as

Un petit village isolé, perché sur un piton rocheux surplombant la vallée de la Tinée. Un père berger, fils de berger. Une mère fille de berger. Des bergers depuis des générations, des siècles. C’est naturellement au village que Pascal grandit. Une enfance qu’il passera dans la vallée jusqu’au Lycée ; l’internat du Parc Impérial plus précisément. Il ne deviendra pas berger. « A Ilonse, c’est quasiment l’autarcie. Les terres sont pauvres, escarpées, pentues, rocailleuses. Mais comme le disait Socrate, « contente toi de ce que tu as ». Le métier est rude, les gens de la montagne sont durs à l’ouvrage, l’habitude de se plaindre n’existe pas ».

« Nice c’est notre capitale »

Après avoir passé son adolescence dans un collège de 200 élèves, il arrive dans un établissement qui en compte 3 000. Avec ses copains originaires de l’arrière pays, il parle un mélange de français et de gavouòt*. Son arrivée à la ville lui fait prendre conscience de ce qui était jusqu’alors naturel  : son appartenance au Comté de Nice. « Fils de paysans, longtemps j’ai ai eu honte. Je portais un peu cette culture comme un fardeau. Mais très vite j’en suis devenu fier, grâce notamment aux valeurs avec lesquelles j’ai grandi. Un héritage fait de savoir vivre, de respect et d’attachement à la terre du Comté mais aussi une force de travail ». Après des études d’histoire, de langue et de culture régionale, Pascal rentre à l’IUFM. Il est aujourd’hui professeur des écoles à Levens.

Ilonse, capitale de la Countea

Naturellement doué de « l’esprit associatif », le maître d’école de 38 ans n’oublie pas son village. Il y est le mercredi et le week end. Après avoir de longues années durant animé le comité des fêtes, il y est désormais adjoint à la culture. Le village a vu naître Raymond Feraud : l’auteur prolifique est connu au delà des frontières de l’Occitanie pour avoir été le premier troubadour à avoir préféré l’occitan au latin. VII siècles plus tard, la mairie d’Ilonse a été la première du Comté à avoir édité des dépliants touristiques bilingues. Mais l’événement annuel à Ilonse c’est évidemment « Festivous ». De la musique, du théâtre, des conférences, de la mourra … le tout sur plusieurs jours et entièrement gratuit. Presque 4 000 personnes s’y pressent. « Grâce à une superbe équipe de bénévoles, nous allons vers la troisième édition ».

Le réveil de l’identité nissarda

« Les Niçois (du littoral) découvrent ou redécouvrent peut être des choses qui n’ont pas disparues la haut. Culture de la montagne et culture du littoral ont pendant longtemps été dissociées même si les niçois restent avant tout des montagnards au bord de la mer ! Désormais les chemins tendent à se rejoindre ». Pour Pascal, langue et culture sont indissociables. « C’est d’ailleurs pourquoi l’esperanto n’a pas fonctionné. Aujourd’hui beaucoup de jeunes reparlent la langue, et bien ! Ca ne sert à rien d’idéaliser le passé, il faut aller de l’avant ! La culture c’est comme un feu qu’il faut sans cesse alimenter. Ne jamais s’arrêter de souffler sur les braises  » Et des braises, Colletta en a attisé  ! Il a entre autre contribué à la renaissance de la mourra. « Le jeu s’éteignait alors nous avons crée une association en 2003. L’objectif était de transmettre le jeu aux jeunes ». Mission réussie, on le retrouve aujourd’hui jusque dans les cours d’école. « D’ailleurs, après avoir vu une vidéo sur Youtube, une télé japonaise est même venue nous filmer ! ».

Colletta, l’auteur

Collaborateur du Sourgentin, l’Ilonsois est aussi écrivain. Après avoir sorti un ouvrage dédié à la mourra, un autre sur Ilonse, Colletta a publié l’année dernière «  Escrit d’un chat » *. Un mesclun remarqué de textes, de poésies, de chansons. Logique que près de cent personnes se soient pressées au Trident pour la présentation de son dernier livre « 150 Ange 1914  » : l’histoire d’un paysan du Comté entrainé dans la folie guerrière de 1914. « Je me suis inspiré des haïku, les poèmes japonais en trois vers. Je voulais un style épuré pour finalement dire un maximum de choses. J’ai beaucoup travaillé sur les archives, les lettre de poilus pour finalement aboutir à une sorte de carnet de guerre ». Le livre, (qui contient une traduction française) est poignant, juste. Aloura caù si precipita aux librairies La Source, Masséna, Jean Jaurès, Quartier Latin et Lépante où il est disponible.

« La production culturelle est extrêmement dynamique à Nissa, mais malheureusement elle manque de débouchés ! » Alors, on se surprend à rêver qu’à l’image de nos amis corses, on puisse bientôt retrouver livres, disques et artisanat nissart sur les étals des boutiques « touristiques ». Nul ne doute que nos visiteurs seraient ravis de les voir aux côtés du toc impersonnel « Made in China ».

 

Plus d’information : http://pitajal.unblog.fr

* gavouòt : langue parlée dans le haut pays niçois, proche du nissart.

* chat: surnom donné au habitants d’Ilonse

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