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Rescouòntra embé Florian Benvenuti

 

A peine âgé de 18 ans, Florian Benvenuti est un des membres de « Li Falabracs ». Le plus récent et le plus jeune groupe de musique traditionnelle de la Countea : Siblet e bachas ! (fifres et tambours !)

Fac de droit et cours de nissart.

En semaine, il est étudiant à la faculté de droit de Nice et nourrit l’ambition de devenir juriste en entreprise et de tenter Sciences Po. Une grand mère Clerissi, vieille famille d’agriculteurs de la plaine du Var, un père nissart élevé à San Roch et une mère normande ; mais c’est à Cannes que Florian grandit. « Ma mère est venue pour suivre ses études d’infirmière à Cimiez. Elle a trouvé un poste à Cannes, mon père l’a suivie. Ils se sont rencontrés à Valdeblore, lors d’un festin ». Une vallée qui va avoir de l’influence sur le jeune homme. « J’y passe toutes mes vacances depuis enfant, notamment les deux mois d’été. Mon père a découvert la vallée quand il avait 18 ans, il est rentré au comité des fêtes à 20. Depuis mes grands parents y ont acheté une campagne ». En parallèle de ses études de droit, Florian suit des cours de nissart à la fac : « je le comprends bien mais j’ai surtout envie de le parler ». A raison de deux heures par semaine. Les cours affichent « complet » ! Une trentaine d’élèves, dont au moins cinq africains.

Une dimension parallèle

« C’est vrai que Cannes est beaucoup plus axée sur le côté paillettes propre à la Côte d’Azur… c’est pas mal de temps en temps ». Une dimension parallèle à Valdeblore. « Quand je parle des montagnes et de la vallée, il y a souvent une certaine forme de condescendance liée au monde paysan, même si c’est pour rigoler ». Pourtant ses camarades aiment la montagne… en hiver. « En été ils n’y trouvent pas d’intérêt. Mais c’est l’été que c’est le mieux ! Finalement, lorsqu’ils montent avec moi ils y prennent goût ».

Aubades, Balèti et Festins

Depuis qu’il est enfant, Florian participe aux aubades dans la Tinée et la Vésubie. « L’objectif, c’est de prévenir de l’imminence du festin estival. Ca commence en général le vendredi soir sur une place reculée du village par un balèti à l’ancienne pour les habitants où toutes les générations se retrouvent. Viennent ensuite les aubades. D’abord à l’extérieur du village, en musique, devant presque chaque maison, puis à l’intérieur ». Le samedi soir vient le balèti et le grand repas. « Il y a beaucoup de jeunes dans les villages ! Nous sommes une vingtaine entre 15 et 25 ans ». La Roche compte 50 habitants à l’année, 200 en été. « C’est un tout petit village. Il n’y a même pas de commerces ! ». Beaucoup de nissarts du littoral viennent s’y ressourcer. « En été c’est quand même un autre esprit que la Côte. Rester une semaine en juillet ou en août à Cannes, c’est carrément impossible ! ». E ben segur, la haute Tinée conserve la mentalità nissarda : Florian et ses copains ont été élevés à la socca, au rythme des festins de l’arrière pays. Plus que la fête, c’est un véritable art de vivre  !

« Malheureusement, de plus en plus de villages ont tendance à privilégier les DJs au détriment des groupes… parce qu’ils sont moins chers. C’est dommage ». La préfecture a depuis quelques années interdit les alcools forts : le pastis a été remplacé par la… bière. « Au final, beaucoup de gens amènent leurs propres bouteilles. Du coup, les gens derrière le bar ne peuvent plus gérer et responsabiliser ». La préfecture exige désormais que les festins se terminent à 2 heures piles. « Des bagarres, il y en a toujours eu. Mais ça reste extrêmement marginal ». La présence récente de la police n’est pas sans entrainer quelques tensions : la majorité des forces de l’ordre mobilisées en été dans le Comté est originaire d’autres régions.

Siblet e Bachas

« Dans les vallées, les groupes de fifres et tambours sont très respectés. Li Banes, par exemple sont un peu nos Rolling Stones ! ». Il y a deux ans, Florian et quelques amis se motivent et créent « Li Falabracs  ». « Aucun d’entre nous ne connaissait la musique, alors on a chacun choisi les instruments un peu au hasard. Au début c’était pour s’amuser, on jouait à l’oreille en apprenant le doigté du fifre à l’oeil ». Le groupe compte aujourd’hui entre six et huit jeunes âgés… de 17 à 24 ans. Ils jouent un répertoire d’une cinquantaine de morceaux et les anciens sont ravis de voir des jeunes reprendre les traditions. « La musique qu’on joue est essentiellement du Comté. Beaucoup de ceux qui se disent Niçois ne la connaissent pas. On aime que les gens se retrouvent et fassent la fête, et pendant trop longtemps ce patrimoine a été relégué simplement au folklore ».

Il y a 10 ans il n’y avait que très peu de groupes de musique traditionnelle : ils sont désormais une dizaine à tourner régulièrement. « Il faut que les nissarts s’intéressent davantage à ce patrimoine trop méconnu. Le nombre de mélodies et de chansons dans notre langue est juste impressionnant ! ».

 

Plus d’infos: le site de « Li Falabracs »

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