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Rencontre avec Xavier Borriglione

 

Aucun lien de parenté avec le fondateur du Petit Niçois ! Reconnu dans tout le Comté, l’ingénieur de formation est désormais un musicien qui transcende le fifre. En parallèle, ses one man show font le plein…

Un pied à Lantosque l’autre sur le littoral

Son père est l’un des derniers à naître dans la maison familiale à Lantosque, dans la Vésubie. Un village où se sont succédé des dizaines de Borriglione le long des siècles passés. Sa mère est de La Rochelle. Le jeune Borriglione grandit entre Riquier et Arson à Nice. Un quartier populaire où se côtoient alors communistes et médecinistes dans une sorte paradoxale de respect mutuel… Dès ses sept ans, il entame une formation de flutiste classique qui le conduira jusqu’au prix du Conservatoire. A maïoun, on parle nissart. « C’était la langue que les grands parlaient entre eux. Elle exerçait sur moi une sorte de fascination presque chamanique !  ». Elevé dans des valeurs humanistes et d’ouverture, c’est «  l’énergie du cœur » qui le pousse vers l’adolescence à s’intéresser de plus en plus à notre culture. Le jeune homme apprend le fifre grâce à Elie Roubaudi. Très vite, il intègre le groupe de musique traditionnelle du maître : «  Lou Mourtaïret ».

Ingénieur, sophrologue et musicien

Son bac en poche, Xavier poursuit des études supérieures à Brest. Il exercera le métier d’ingénieur dans les télécommunications pendant 15 ans et amorce sa reconversion aux débuts des années 2000 dans la sophrologie. Installé à Lantosque, il exerce aujourd’hui en parallèle avec le spectacle. Un virage qu’il amorce à la mort d’Elie Roubaudi en reprenant « Lou Mourtaïret ». Louis Pastorelli lui propose une partie traditionnelle de Nux Vomica. Cette collaboration qui dure fait signe de la grande entrée du fifre traditionnel dans la musique actuelle ! En 2006, il rejoint les frères Casagrande qui montent alors Lu Rauba Capèu. Le fifre accompagne les accordéons. « Je voulais une base rythmique solide alors on a intégré une batterie. La mayonnaise a pris ». Du Folk niçois avec une batterie rock & roll  !

Changement de vie

« Mis bout à bout, c’est un enchainement d’aiguillages et de rencontres qui ont finit par dessiner quelque chose de cohérent. La sophrologie m’amène également à évoluer dans une démarche humaniste. Un humanisme que j’essaye de transmettre par la musique ou le spectacle ». Lors son passage en Bretagne, l’étudiant retrouve l’authenticité de sa vallée dans « les paysages naturels et humains, râpeux et granitiques ». «  L’empreinte culturelle, riche, forte de la Bretagne m’a fasciné. Cette dynamique me manquait. Si j’avais la culture gavouòt du haut pays ancrée en moi, la ville de Nice se résumait à la Prom’ et Jean Médecin ». Nous sommes dans les années 90. « Aujourd’hui les réseaux de partage prennent de plus en plus d’ampleur. Beaucoup de jeunes sont à la recherche de leurs racines locales, d’autres sont en quête d’authenticité dans le lieu où ils sont venus s’installer. C’est une démarche louable, qui me parle. Je suis profondément enclin au partage culturel avec des gens qui viennent d’horizons divers ». Son retour à Lantosque est un cap important. « Les villages sont en pleine mutation. L’individualisme, le matérialisme porté par la société les contraignent à abandonner un mode de vie séculaire. Le « clan » explose, la cohérence et le sens d’un mode de vie se perdent. Mais dans le même temps, beaucoup de personnes en provenance du littoral, pour qui le cadre a déjà volé en éclat sont à la recherche de leur structure. Cet aller retour de balancier peut finalement aboutir à un équilibre ».

One man show

Dans ses spectacles Xavier devient Toinou, le berger affable de la Vésubie. Le one man show est devenu quasiment l’essentiel de ses activités. « C’est venu avec les aubades, l’habitude de raconter des blagues quand les maisons deviennent des ilots de fête. J’ai ensuite écrit quelques scénettes pour des mariages, des fêtes de village qui ont abouti à mon premier spectacle. Des conteurs professionnels m’ont poussé alors que je ne m’accordais aucune légitimité de comédien. J’ai fini par me lancer, grâce à Serge Dotti qui tenait le Théâtre du Poids Chiche ». Xavier devient musicien conteur ; depuis, le succès va croissant.

Une culture locale saine et ouverte

« Une culture locale est une partie de la biodiversité humaine. La langue est adaptée dans l’environnement local dans lequel elle a grandit et sa survivance est fondamentale. Il faut l’amener à la vie et partager tout ce qui peut lui être attaché : musique, théâtre, fête etc. Les cultures locales ne représentent pas de dangers pour la cohésion de l’entité plus vaste qui les hébergent. Elles sont porteuses, de richesses et de sens. Défendre ma culture, c’est défendre toutes les cultures. C’est pourquoi il faut rester vigilants face au rouleau compresseur de la culture de masse, de l’acculturation qui pour des intérêts purement comptables voudrait que nous parlions tous la même langue. Mais suite à la perte de la majeure partie des repères, il semble que les gens aient envie de se réapproprier des éléments de leurs lieux de vie et de la culture qui en découle. Pas seulement dans le Comté. Je crois cette dynamique très positive si elle reste dans l’ouverture ».


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