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« La Manada » à la reconquête du Vieux Nice

Une nouvelle association, composée pour le moment essentiellement de jouve du Babazouk, veut remettre au goût du jour les fêtes populaires dans le Vieux Nice. Rencontre avec Giulian Scarduelli, président de « La Manada ».

Enfant du Babazouk

Agé de 24 ans, Giulian est un enfant du Vieux Nice. « Mes grands parents vendaient les tantifla (patates) sur le Cours Saleya ». Sa famille, originaire d’Italie, de Toscane n’a pas bougé du Babazouk depuis 1894. Un quartier où il passe une enfance heureuse, principalement rue de la Préfecture. Le Bar Antoine est encore le pilier de la rue : « mes idoles n’étaient ni Batman, ni Superman, mais les grands du quartier qui se donnaient tous les soirs rendez-vous au bar. C’était des costauds. Au fond, les vieux jouaient aux cartes. Tout le monde parlait nissart, j’ai pris conscience tôt qu’il existait une langue à côté de celle que j’apprenais à l’école ». Comme sa grand-mère et sa mère, il fait ses classes à l’Ecole du Château. « On sortait de l’école et pendant que nos mères tchatchaient sur les bancs, on jouait au ballon avec les copains pendant que les filles dansaient à la Semeuse. Exactement la vie qu’avait déjà eu ma mère, voire ma grand mère». Le catholicisme fait aussi partie du quotidien : « dans ma famille, et dans le Vieux Nice en général, on voue un culte exceptionnel à Santa Rita ». Les dimanches se passent à la Lauvette, dans la vallée du Paillon où toute la famille se retrouve : pétanque, pan bagnats, cousins… une enfance à la nissarda. « C’est dans cette ambiance bien particulière, que j’ai pris conscience d’être nissart. Mais je l’ai toujours pris avec du recul. Enfant, mon meilleur copain était un Japonais arrivé à dans le Vieux quand il avait 8 ans. Beaucoup de mes copains n’étaient d’ailleurs pas nés à Nice ».

La prise de conscience

À la mort de sa grand mère, alors âgé de 18 ans, Giulian décide de s’investir de plus en plus pour la ville. « Un voisin m’a dit : « C’est une figure niçoise de plus qui s’en va du quartier », j’ai alors pris conscience que je ne voulais pas voir cette langue, cette façon de parler, ce lien social disparaître dans un monde aseptisé ». Il apprend la langue grâce aux livres de Compan et, il y a trois ans, rencontre Jeff Marro et Robert Delachet de Nissart Per Tougiou. « Ça a été une grande rencontre, la façon qu’ils avaient de s’impliquer dans le combat pour la culture niçoise m’a beaucoup inspiré ». En parallèle, il se rend souvent en Italie. « C’est mon deuxième pays de cœur… après le Comté. J’y suis très attaché. Dans le Vieux Nice, il y a une grande communauté de Sernechia (Campagnie), il y a trois ans j’ai eu la chance de passer un été la bas. Ça m’a ouvert les yeux sur leur pratique de la cohésion sociale : que l’on soit docteur, maçon ou employé, tout le monde se retrouve le soir pour discuter. J’y ai vu mon pantaï pour Nice. Il n’y a rien de pire que les villes dortoirs et le Vieux a beaucoup changé depuis le début des années 2000 même si son âme est toujours là. C’est devenu un parc d’attraction, une sorte de foire aux touristes avec la multiplication des boutiques de charaffì, des pubs de nuits ».

Amoureux du Vieux Nice et de la culture populaire

Face à ce constat, Giulian décide de monter sa propre association, début 2011 : « La Manada » (L’équipe). Le noyau dur est composé d’une vingtaine de jeunes, âgés de 16 à 26 ans. « On accepte tout le monde, quelque soit l’âge ou le quartier d’origine. Ce n’est pas une secte ! ». Il faut tout simplement être amoureux du Vieux Nice et de la culture populaire. « On a décidé de créer cette association pour redynamiser culturellement le Babazouk. L’objectif est de faire que les gens se connaissent encore mieux, de remettre cette culture d’entraide au goût du jour ». Un des objectifs principaux est également d’organiser toujours plus de fêtes. « La Manada » a organisé en février dernier la « Gansada de Garibaldi ». Ganses et vin chaud proposés aux passants de la place.

Lu Mai den Vielha Vilà

Le prochain défi, c’est l’organisation des Mai du Vieux Nice le 21 mai prochain. « J’ai toujours entendu mon grand-père parler des Mai qui étaient organisés dans chaque quartier. Or ma génération ne connaît que ceux organisés par la mairie à Cimiez ». L’idée est donc de remettre au goût du jour, cette fête traditionnelle niçoise. « Dans un monde qui va à 100 à l’heure, où on passe trop de temps à regarder la télé, l’idée c’est de se réapproprier l’espace public et la fête. La rue n’est pas simplement un lieu de passage, où il s’agit de courir entre deux magasins. Ça doit être un lieu d’échange. Et dans nos sociétés latines, la hiérarchie n’existe pas : il existe une façon de parler, de se rendre service, sans se préoccuper des conventions sociales qui ailleurs peuvent être très lourdes ». Dans ce monde qui déracine les gens pour en faire des consommateurs, beaucoup souhaite revenir aux fondamentaux. « Et nous, on veut les pousser encore plus loin, à l’échelle du quartier ! ». Rendez-vous est pris le 21 mai prochain, pour le grand retour des Mai populaires dans le Vieux Nice (en association avec Nissart Per Tougiou)

 

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4 réflexions sur “« La Manada » à la reconquête du Vieux Nice

  1. Giulian, tout cen que dies m’agrada un moulon. Moi mes Gran sont arrivés de Toscane, quand ça chauffait avec Benito Mussolini.
    J’aime ces fêtes qui appartiennent au peuple c’est pour ça qu’il faut les faire vivre …. E Viva

  2. cher giulan, je suis un ancien du vieux nice, mais j’ai perdu contacte avec toutes les personnes que j’ai connus a cette belle époque (1975 à 1980), on m’appeler Rédou, j’avais les cheveux tres long et boucler, je jouais bien au football a tel point que j’avais eu des contacts avec l’OGCNice de l’époque, mais le destin a voulu autrement, je me rappel qu’on jouaient sur une petite placette du coté de la rue de la condamines, les prenoms des amis de l’époque je me souvient que de Mimi et sa soeur qui vendait le poisson au marché, de serge, hondo, Picapane, babeth mangione… les autres j’ai oublier leur prenoms… Pour le Vieux nice, il faut garder et sauver la langue , je suis de tout coeur avec toi et bravo.

  3.  00051424-1

    Texte original de : LAGARDE louis Email : louis.lagarde2@numericablefr

    258 route de Turin Tél : 06 86 47 34 64
    Villa « QUAND-MEME « 
    06300 NICE

    MA MER- DITERRANEE

    Un béu souléù
    Li cigaloun
    Una buana mérinda
    Un buan litroun

    C’était dans les années 50 ,la mer Niçoise ,les palmiers et notre cher soleil nous rendaient la vie belle .En 53 du dernier millénaire dans le 9ème siècle dans l’année 43 et son mois de Juillet je fêtais mes 10 ans. Mes parents étaient pauvres et pourtant je me régalais à chaque repas, le matin on trempait le pain rassis de la veille dans du lait et les rares jours de gala il nous arrivait d’avoir de la confiture mais le meilleur moment de la journée était réservé au goûter. Qui peut se vanter de nos jours de se régaler d’une baguette de pain frottée à l’ail et dans lequel on a versé de l’huile ,du vinaigre ,et du sel ? La vie au bord de la méditerranée aide pour beaucoup à accepter les duretés de la vie de pauvre.
    Des fois il nous arrivait de réfléchir au moyen de passer notre journée de congé scolaire ,sans argent ,sans rien et tout d’un coup…..un air d’accordéon nous faisait bondir à l’ unique fenêtre de notre mansarde pour y entendre un chanteur de rue. Ma mère alors se résignait à grever son budget de 20 centimes et je descendais en courant les 4 étages pour aller acheter les paroles de la chanson que le chanteur fredonnait et cette double page imprimée nous faisait oublier notre situation pendant au moins 1 heure ,nous chantions à tue tête et oui…nous étions heureux.
    Le vieux Nice était à nous . Quel plaisir de se promener autour du donjon du château, rejoindre la tour Bellanda pour admirer la promenade et ses palmiers puis ensuite se rafraîchir aux embruns de la cascade.
    J’ai très souvent arpenté les allées du château avec le patronage de la Semeuse ,on tirait des pierres dans les arbres pour faire tomber des Caroubas que l’on mangeait , bien que ce soit réservé aux chevaux, on attrapait des têtards dans les petites mares qui se formaient prés de la cascade et en fin d’après midi on ramassait des pignons pour que nos mères puissent faire la tourta de blettes. De retour à la maison au 23 rue de la croix je prenais ma carriole qui se composait de 3 planches et de 4 roulements à billes et je dévalais la rue Rossetti du château jusqu’à la cathédrale sans risques car les voitures étaient très rares dans ce quartier.
    Les autres jours après l’école ,on s’accaparait le carrefour rue Rossetti /rue de la Croix ,on y dessinait 4 cercles à la craie blanche et nous jouions au Pilou des matchs interminables qui nous maintenaient en forme.
    Comment peut on aujourd’hui en 2011 expliquer aux jeunes de 20 / 30 ans qui ne connaissent que les hyper marchés ou les fast foods ce qu’était le marché sur le boulevard Jean Jaurès avec les paysans du coté de Nicéco .Les ménagères avaient toutes leur cabas, les commerçants avaient tous le sourire ,bien sur le soleil y était pour beaucoup et tout à coté derrière le Casino municipal, la gare des autobus avec leurs voyageurs venant de Duranus de la Gaude ou d’ailleurs , descendre et offrir au café de la gare un petit blanc au chauffeur pour le remercier.
    Il y a toujours celui qui fut le premier marché aux fleurs au monde le marché du cours Saleya qui longe les terrasses des Ponchettes sur lesquelles j’allais patiner pendant des heures avec mes patins à roulettes en fer , très lourds et sans freins.
    Dans ce quartier pauvre du vieux Nice on ne jetait pas l’argent par les fenêtres et pourtant quand il y avait un baptême , les gens jetaient des sous dans la rue par pleines poignées pour les gosses que nous étions et nous suivions les parrains et marraines en criant sans savoir ce que cela voulait dire et tout le monde était heureux. Chaque année au mois de Mai on allait pique -niquer à Cimiez ,dans l’herbe ,on écoutait les chants folchloriques de ,il
    Y avait dans chaque quartiers de la ville des bals populaires gratuits où l’on pouvait valser ou tcha-chater toute la soirée sans se faire agresser même pas un sac arraché à une vieille rien .
    Bien sur il y avait des bandes qu’on appelait les blousons noirs mais ils se battaient surtout entre eux et entre quartiers.
    Une fois les Mais terminés on allait danser autour du kiosque à musique du jardin Albert 1er et quand il n’y avait pas de bal on s’asseyait autour du théâtre de verdure pour écouter les artistes que nous ne pouvions voir faute d’argent mais quand on manque d’argent on a toujours de l’imagination et ça aide.
    Pouvez vous imaginer une soirée dans le jardin Albert 1er de Nice ,entouré du parfum des fleurs ,avec une circulation réduite sur la prom, aucun téléphone alentour , le ciel bleu commençant à tirer sur le sombre faisant apparaître du même coup des milliers d’étoiles ,le bruits des vaguelettes montant et descendant régulièrement sur les galets et une voix d’or provenant du théâtre de verdure , caresser vos oreilles sur une musique douce (personne ne criait ni ne hurlait des chansons à l’époque ) et tout ça gratuitement .
    Il m’arrivait souvent le soir, sur ma chaise bleue louée 20 centimes pour la soirée sur la prom et face à la mer de me demander comment tant de gens pouvaient habiter ailleurs que sur notre belle cote d’azur.
    Et que dire des alentours….avez-vous déjà grimpé à la Turbie ? Si vous regardez en bas à gauche vous voyez les côtes d’Italie, plus prés les palmiers de Menton précèdent le rocher de Monaco ,si vous regardez en dessous …..asseyez vous avant car vous aurez un des plus beaux panorama du monde….oui ,la rade de Villefranche et st. Jean Cap Ferrat ,votre regard glissera ensuite sur la droite pour voir après la colline du château s’étirer jusqu’à l’aéroport international ,notre promenade des Anglais…c’est tellement beau qu’après avoir comtemplé ces merveilles on se dit qu’à présent on peut mourir (mais on ne le pense pas je vous rassure ).
    C’est ça la méditerranée ,les parfums de Grasse ,les fleurs de la riviéra,les agrumes de Menton ,les palmiers de Nice ,ses anciens palais Tsaristes et s’il vous prenait la folie de louer un pédalo en hiver vous n’auriez pas beaucoup à pédaler pour voir,après avoir fait un demi-tour une merveilleuse étole blanche parcourant tout l’arrière pays et enserrant notre région dans un magnifique écrin.
    Après avoir parcouru tant de paysages vous devez avoir faim. Heureux touristes que vous êtes ,vous ne pouviez trouver mieux que Nice et sa fameuse salade Niçoise mondialement connue ,régalez vous avec nos beignets de fleurs de courgettes ,notre pissaladière avec un petit vin de Bellet ou alors une grosse portion de Socca avec un petit mascara à 14 degrés et sans modération car ensuite vous repartirez sur le petit train touristique dont le chauffeur sera sobre. Vous ne partirez pas quand même sans avoir goutté notre fameuse trourte de blettes qui régalent nos papilles au maximum et si le soir vous voulez reposer votre estomac et vous contenter d’un casse-croùte sur la plage…faites vous préparer un Pan-Bagnat ,un vrai,avec le pain rond coupé en deux horizontalement puis frotté à lail et baigné dans l’huile d’olive du pays vous garnirez l’intérieur de tomates et des fèves du pays ,de cébettes et même si vous le désirez du thon , des anchois , et pour pouvoir déguster ce petit en-cas Niçois tranquillement débarrassez vous des gosses en leur faisant une Gratta kéka à la grenadine ou à la menthe avec une belle paille dans un grand verre. Mettez une serviette autour du cou…fermez les yeux…et dégustez en écoutant les mouettes accompagnant les vaguelettes venant mourir à vos pieds…vous ne rêvez pas, vous êtes en méditerranée.

    Lilou doù Babazouké.

    L’auteur peut être contacté au 06 86 47 34 64

    louis.lagarde2@numericable.fr

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