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Rescontre embé Josselin Feligioni

A 24 ans, Josselin Feligioni reflète une génération à la reconquête de son histoire, de sa langue et de sa culture.

Du Ray à la Vésubie

Un père niçois, une famille originaire de la vallée de la Vésubie et une mère lorraine débarquée à Nice, en famille à l’âge de 10 ans. Un mesclun désormais classique que l’on trouve généralement dans sa génération. « Ce n’est pas une question d’origine. Pas besoin d’être né à Nice pour s’intégrer à la culture nissarda. Cette réalité va certainement à l’encontre de ceux qui voudraient que cette culture soit forcément un milieu fermé et replié sur lui même ! ». Après avoir grandi du côté du Ray, Josselin déménage avec ses parents à Saint Jean la Rivière. « On est tellement loin du bling-bling dans le Haut Pays. Il y a une longue tradition musicale et culturelle dans ces villages. Et ça continue ! Les fêtes qui animent l’été attirent beaucoup de jeunes. Toute la jeunesse ne passe pas que son temps à écumer les boîtes et les pubs du littoral. Dans ces festins, il y a autant de jeunes que d’anciens ».

2002, la renaissance

S’il entend ses grands parents parler nissart, comme beaucoup, c’est avec la remontée du Gym en L1 que Josselin décide de creuser sa nissardité. Nous sommes en 2002, l’engouement est gigantesque partout dans le Comté. « Nissa la Bella » résonne de nouveau et ce sont des milliers de jeunes, toute une génération qui découvre une certaine fierté d’être Niçois. En l’espace de quelques mois, les 30 années d’efforts pour ringardiser, caricaturer et folkloriser une culture sont devenus vains. « Ceux qui disait, ou qui voulait, que cette culture soit morte se sont trompés. C’est faux aujourd’hui, comme c’était faux il y a dix ans. Depuis deux ans, je trouve même qu’une nouvelle étape a été franchie. Il suffit de voir la fréquentation en progression constante de tous les évènements « niçois ». Les gens connaissent les groupes de musique et les artistes. Ils dansent, comme on a pu le voir samedi dernier aux Mai du Vieux Nice organisés sur les terrains de tennis de la Semeuse. Les « flash mob » et le Balèti ont réuni plusieurs centaines de personnes, et tout le monde dansait des pas de danses trad. ! ». Impressionnant, il y a peu, même les plus optimistes n’aurait pas imaginé un tel succès. « Quant à la langue, 400 élèves de 18 ans qui passent le bac de niçois, ce n’est pas rien ! ». Et ce malgré le manque de moyens de la filière …

Du fifre et de la langue

« Très jeune déjà, je m’intéressais à la musique niçoise, mais je ne trouvais pas grand choses dans les rayons des bibliothèques. J’avais un fifre qui trainait depuis 10 ans à la maison et je n’arrivais pas à jouer. Le déclic est venu l’année dernière à Ilonse en voyant Xavier Borriglione. Depuis, on a monté un petit groupe pour accompagner les danseurs. Nous sommes une petite dizaine de personnes à jouer ensemble, c’est un vrai plaisir. L’ouverture du Trident par exemple, favorise les rencontres simples et sans protocole ». En parallèle de son activité professionnelle, il est animateur informatique, et de la musique, Josselin passe un D.U de nissart et de culture occitane à la Faculté de Nice. Sans but professionnel. « J’y ai pris goût bien plus que je ne le pensais. A l’époque, je n’avais pas l’option dans mon lycée. En fait le déclic est venu avec une amie. On comprenait les anciens mais il nous était impossible de communiquer. Aujourd’hui je le parle avec mon frère qui le passe au bac et avec beaucoup de mes copains qui sont de plus en plus nombreux à parler la langue. Dire qu’il n’y a pas de locuteurs est faux. Il y a plus de personnes que l’on ne le croit, mais beaucoup n’osent pas se lancer dans une conversation. Il ne faut pas oublier que le niçois a été, pendant longtemps, méprisé au profit de la langue nationale. Les personnes de 70 ans n’avaient pas le droit de la parler et ne l’ont pas transmise à une génération de 40-50 ans qui ne la connaît pas ou très peu. Ça a créé une pause dans la transmission culturelle. Mais aujourd’hui ça repart ! ».

Un nissart de mai à la radio

« Patrice Arnaudo m’a proposé un petit espace dans la matinale de Christian sur Fréquence K. Il s’agit d’une chronique hebdomadaire de 4 minutes qui représentent en fait plus de 3 heures de travail. Le but, c’est avant tout de raconter une histoire sur le Comté ou son voisinage. L’histoire de ces villages, les habitudes des gens, le légendes, les monuments, les anecdotes… La chronique est en nissart mais un tiers est en français pour intéresser un maximum de personnes ». Accompagné de Pernelle Pastorelli, Josselin part chaque semaine à la pêche aux informations vers ces anciens qui sont la mémoire vivante de ces villages. « Ils sont ravis de voir des jeunes s’intéresser à toute cette histoire. C’est normal de retisser ce lien social. La demande est de plus en plus forte et on voit toute les générations, tous les sexes, tous les milieux participer à ce genre d’évènements. Je suis confiant dans l’avenir et plutôt optimiste. A l’image de toutes les régions qui ont une culture forte, et les autres, les gens veulent revenir vers l’essentiel ».

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