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Rescouòntra embé Alex Benvenuto

Rescontra embé Alex BenvenutoAuteur prolifique, musicien de jazz bien connu, Alex Benvenuto est aussi rédacteur au « Sourgentin », le magazine nissart qui compte 4 000 abonnés.

Auteur et musicien prolifique

Un grand père, un père carrossier, un oncle professeur de carrosserie au lycée des Eucalyptus, mais une tradition familiale dont il ne suivra pas la voie. Avec un Doctorat d’économie et de psychosocio en poche, Alex fera une belle carrière dans la banque comme directeur des ressources humaines puis de la communication d’un grand groupe national… après avoir été photographe, musicien et palefrenier.

Il enseigne aujourd’hui le management à l’IAE. Connu pour être l’auteur de douze livres, Alex Benvenuto « essaye de travailler et d’écrire sur Nice à la façon d’un peintre ou d’un photographe. D’appréhender Nice, le Comté sous des plans différents ». Grand spécialiste de Guillaume Apollinaire, il est intarissable sur l’enfance niçoise du poète, souvent reléguée au second plan par les parisiens. « C’est à Nice qu’il a loupé son bac et rencontré ses deux grands amours ! Il a d’ailleurs toujours gardé un accent nissart bien prononcé ». On doit aussi à Benvenuto un livre de cuisine bien connu des niçois, un livre d’histoire sur 1860, sur les russes, sur l’économie, sur les peintres paysagistes niçois du milieu du XIXe sc.… « J’ai publié un livre sur les écrivains de Nietzsche à Francis Gag et j’ai découvert que 10 prix Nobel de littérature ont vécu et écrit dans cette région ! ».

Mais Alex Benvenuto est également un clarinettiste basse jazz que beaucoup d’amateurs connaissent bien dans la région. Membre fondateur de la « Compagnie So What », l’association du même nom accueille chaque dernier samedi du mois un concert et une jam session dans une magnifique cave voutée à La Gaude. Le dernier album du groupe est sorti : « Musique écrite et improvisée dans le moyen pays niçois au début du XXIe sc. » Il vient après que la Compagnie, ait écrit et publié le premier polar franco-nissart « E Aloura ? » So What ?

La culture niçoise comme une chance

Alex apprend le nissart au lycée, son professeur s’appelle Compan. « Mes parents voulaient que je fasse des études, alors à la maison il fallait parler français. Mais j’étais toujours été baigné dans cette culture ». Fier d’être niçois ?

« Je suis content d’être Niçois, c’est à Nice d’être fière d’être Nice. C’est une chance extraordinaire de n’avoir été ni italiens, ni provençaux. Notre culture niçoise est réelle, profonde, encore bien ancrée. Oui, nous avons certainement un pays béni pour le décor et le climat mais ça n’explique pas tout. Etre niçois c’est aussi se promener dans les rues de la ville avec Apollinaire, notamment sur les toits de la capitainerie du port où il fumait l’opium, c’est imaginer Paganini mourir dans le Vieux Nice, être avec Nietzsche de Eze à Nice alors qu’il écrit Zarathoustra. C’est penser à la réaction de Maupassant devant le grand tremblement de terre, ou imaginer Marie Bashkirtsefft préparer les Mai en nissart…».

De ses lectures, de ses écrits, Alex Benvenuto a très tôt nourri une admiration pour les artistes. « Ce sont les meilleurs radars de la société. Si beaucoup ont vécu, écrit, composé ici c’est parce quelque chose s’y passe au delà du climat. Ce n’est pas seulement dû au hasard. Il y a quelque chose de différent qui donne envie d’y vivre et d’y rester ». Peut être est ce grâce à notre cuisine dont Alex Benevenuto est un amoureux savant ? « Un exemple, le garum romain était un condiment qui s’échangeait à prix d’or, comme le caviar aujourd’hui. Eh bien il s’agit exactement aux mesures près de notre pissala ! ».

Lou Sourgentin

Cette revue culturelle, apolitique et bilingue français-nissart existe depuis 40 ans. « Il s’agit du magazine régionale (hors Nice Historique) le plus ancien et le plus régulier puisqu’aucun numéro n’a été manqué pendant toutes ces années ». Autour de Raoul Nathiez et de Roger Rocca, Lou Sourgentin compte une bonne douzaine de collaborateurs tous bénévoles. « Le ton est journalistique, les sujets ont attrait à l’histoire, la sociologie mais aussi l’actualité ». Véritable mine d’information pour tous les amoureux du Comté, ou les nouveaux arrivants, cette publication de qualité traite d’un thème principal par numéro et couvre tout le spectre du Comté. De la cuisine à l’industrie en passant par l’architecture, les enfants, certains pans d’histoire … on y retrouve également de nombreuses rubriques. Le succès du Sourgentin ne se dément pas, il compte aujourd’hui près de 4 000 abonnés auxquels s’ajoutent plus de 2 000 exemplaires vendus.

Beaucoup prêté, le magazine compterait in fine plus de 25 000 lecteurs pour 5 numéros annuels et un numéro spécial.
« L’aventure a été inité par des professeurs qui voulaient transmettre leur passion du Comté à leurs élèves.» Lou Sourgentin fêtera en janvier prochain son 200e exemplaire ! L’occasion de s’abonner à une publication bien documentée et facile à lire dont le Comté peut être fier. « La majorité des numéros sont achetés par des jeunes de 20 à 30 ans, j’ai l’impression qu’un vide se comble. Je suis agréablement surpris de voir une jeunesse parler une belle langue, et pas seulement s’amuser avec les mots grossiers qui la caricaturent ».

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2 réflexions sur “Rescouòntra embé Alex Benvenuto

  1. Pingback: Toutara ès Calena! | La Countea : le blog du Comté de Nice

  2. Pingback: Jazz sous les Bigaradiers 2012 « À partir de Nice, Félix – Eliott Kudelka

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