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Ceux qui font vivre la culture niçoise, retour sur une année de portraits

Derrière la carte postale

Nous sommes au début de l’été, les grandes vacances viennent à peine de commencer. Le Comté de Nice amorce sa mutation annuelle en Côte d’Azur. Étrange réalité de ce territoire schizophrène, enclavé entre mer et montagne. Les hordes de touristes vont bientôt s’abattre sur nos côtes, faisant le bonheur de quelques-uns, irritant de plus en plus les autres. Ceux qui le peuvent monteront dans les vallées peupler les villages pour fuir la chaleur et les troupeaux de fourestié. Alors que beaucoup visiteront la famille en Italie, en Corse ou ailleurs, nombre devra composer avec la canicule conjuguée aux dizaines de milliers de Français, d’Italiens, d’Anglais, de Nordiques, de Chinois, de Russes… déferlant sur l’aéroport de Nice-Côte d’Azur. Cette année, « Nissa & Countea » est justement allé à la rencontre de ceux qui refusent une carte postale trop longtemps imposée. Au fil des mois, nous avons ouvert ces colonnes à une trentaine de personnalités : autant d’hommes et de femmes aux trajectoires différentes avec le point commun de maintenir par l’énergie, la transmission et la création une certaine réalité nissarda. 

Que ce soit par la langue, la musique, le théâtre, la littérature… ils sont toujours plus nombreux, ceux qui se battent pour créer en nissart ; ceux qui se démènent pour pouvoir produire, diffuser et transmettre leur travail au public. Comme nous l’avons vu cette année, la plupart de leurs trajectoires familiales sont tout sauf homogènes. Certains sont niçois depuis des générations, d’autres on fait le choix d’aller vers des racines souvent récentes, d’autres les ont trouvées. Tous partagent le même constat : Nice est une ville qui donne des racines à qui le veut. Seule condition ? S’intéresser à sa culture, à son histoire à la spécificité d’une mentalité de montagnards marins. Et Nice, avant d’être le sud de la France, reste avant tout le nord de la Méditerranée.

Un bouleversement inédit

L’avalanche de béton a fait son œuvre, les collines et les espaces verts ont été colonisés par les immeubles. Heureusement le relief est là pour empêcher la ville de s’entendre jusqu’à Belvedère ; même si les promoteurs lorgnent désormais vers ce qu’il reste de cette magnifique plaine alluvionnaire du fleuve frontière (qui pourrait suffire à elle seule à alimenter tout le département). Après avoir connu un afflux très important de Piémontais et d’Italiens au début du siècle, la ville a généreusement accueilli des dizaines de milliers de familles d’horizon divers à partir de la seconde moitié du XXIe siècle. Nice a quasiment multiplié sa population par dix en l’espace de quelques décennies. Un bouleversement inédit.

Les Nissarts du littoral et du Comté n’ont pas disparu pour autant. Comme on aurait pu le craindre à l’orée des années 2 000, ils ne se sont pas repliés dans une réserve d’indiens au destin de peau de chagrin. La preuve est qu’une année ne suffit pas pour couvrir l’éventail de ces personnalités, c’est pourquoi les « Rescontra embé » reviendront en septembre. Pour autant « Nissa e Countea » ne s’arrête pas cet été. Nous en profiterons pour se pencher sur les éléments historiques, culturels, géographiques, culinaires et autres… qui façonnent le particularisme niçois.

Une renaissance

De l’ouverture du Trident, le local de 300 m2 de Nissart Per Tougiou à un nombre toujours plus nombreux d’étudiants de tous âges suivant des cours de nissart, il semble bien qu’un regain de la culture niçoise soit en train de prendre forme. Une seconde vague plutôt, la première s’étant formée lors de la remontée du Gym en Ligue 1, il y a dix ans de cela. Paradoxalement, alors que le club frôlait la seconde division, « la nissardité » n’a jamais aussi forte et aussi dynamique. Le théâtre en nissart joue à guichet fermé, de nouveaux groupes musicaux se forment aux côtés des pionniers des années 90, les fêtes populaires réapparaissent en ville…

Après avoir été longtemps méprisée, caricaturée, folklorisée, une culture niçoise ouverte, qui se nourrit des influences et des origines de ceux qui la composent, renait. Les tentatives de ringardisation de sa culture et de sa langue ont finalement échoué. Les frontières entre les villages et la ville tendent à s’effacer et le piège de la récupération politique ne s’est pas refermé malgré les tentatives marginales et groupusculaires. Cette culture, qui a survécu aux trente dernières années, est le socle commun de Niçois d’ici et d’ailleurs qui s’y retrouvent toujours plus nombreux au delà de leurs différences. Une richesse, un outil, une chance formidable à l’image de ce territoire. C’est ce qu’a bien compris une jeunesse qui renoue aujourd’hui avec la génération de ses grands parents.

M’en bati ? Noun ! Me bati !

Pourquoi alors ne pas regarder là où le soleil se lève ? A l’Est où se trouve écrite au fil des siècles notre histoire, des Ligures à la Grèce en passant par Rome et le Royaume de Piémont Sardaigne. Un ensemble européen transfrontalier bientôt matérialisé par la ligne à grande vitesse Nice-Gênes-Turin. Une région cohérente historiquement, culturellement et économiquement. Un pôle méditerranée et européen sur lequel il faut continuer à construire des ponts à l’image de ce qui se passe déjà musicalement. Les sirènes de la fermeture, du repli et de la politique n’auront pas le dernier mot. C’est déjà ce que la première saison de « Rescontra embé » nous a démontré. Une culture forte, variée et ouverte qui transcende les dogmes est la seule arme digne du pays de Garibaldi. M’en bati ? Noun ! Me bati !

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3 réflexions sur “Ceux qui font vivre la culture niçoise, retour sur une année de portraits

  1. Ai trovat l’article ben interessant. Segur que li a un estac historicou fra la Countea e Genouva,Turin
    e fin Milan. Ma li era tamben un estac coummercial. Embe un pouart ben fount e vielh de 2000 an,
    tout sen que ven d’africa o d’ourient passava per Genouva o Nissa en routa dau la Franca e lou nort
    de l’europa. La voucacioun coummerciala de la Countea sigue fin ahura; la construcioun de maioun
    en li couola, l’afus de tourista, li tran rapide per Genouva soun tan de testimonia que ren n’a entama
    la reputacioun ni la capacita de juga un role empourtant en lou desfouloupamen de la regioun
    mediterrana.

    • Primou Marco, ti rengraci d’escriéure quauca ren en Nissart sus lou blog. Es la siéu voucacioun proumièra: mandà de beluga en asperant qu’aquelu que liegioun si meton finda elu à escriéure en Nissart, à coumunicà en Nissart.
      Per cen qu’es dei ligam eme la liguria e lou pimount, es un pau un dei nouòstre fiéu, un’idéa que li sian estacat, aquì en laCountea.com.
      Adounc, noun esità à ven parlà aquì.
      Viva!

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