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Une petite histoire du Comté

Chaque semaine retrouvez « Nissa e Countea » dans Le Petit Niçois

« Nissa e Countea » est allé cette année à la rencontre de ceux qui font vivre la culture niçoise de toutes les façons possibles. Nous allons profiter de la trêve estivale pour aborder d’autres aspects de notre culture. Première étape, et non la moindre, voici une petite histoire de la Countea de Nissa

Une petite histoire du ComtéLa dédition de 1388 : l’acte fondateur

Souvent, le Niçois s’enorgueillit d’avoir une histoire qui remonte à Terra Amata quand les premiers hommes s’arrêtèrent au Mont Boron. Le climat, la faune et la flore durent leur suffire, ils décidèrent de ne pas aller plus loin. Puis vient le temps du peuplement ligure des vallées niçoises avant que les Grecs n’y viennent fonder un comptoir. D’ailleurs beaucoup pensent que Nice a pour origine un mot ligure signifiant « source », et non pas du grec « Nikaïa » (victoire). De tout temps les navires venaient s’approvisionner en eau douce vers ce qui est devenu le cours Saleya.

L’acte fondateur de l’identité et de l’histoire niçoise contemporaine est la dédition de Nice en 1388. Le peuple de Nice décide alors de se soumettre volontairement à la Maison de Savoie : la dédition est un ensemble de droits et de devoirs que les deux parties signent. La mort de la Reine Jeanne de Provence, provoque une grave crise de succession. Le pays est divisé entre les soutiens à la maison d’Anjou et aux Duras. Le pays niçois est aussi divisé, beaucoup de seigneurs des montagnes ayant d’ailleurs rendu hommage à Louis II d’Anjou. En 1388, l’Anjou s’apprête à attaquer Nice qui demande le soutien du Roi de Naples, mais ce dernier confronté à de graves problèmes politiques répond par son incapacité de venir en aide à la ville. Il lui permet cependant de décider de se mettre sous la protection d’un seigneur qui ne soit pas ennemi des Duras. Après délibération la ville décide de se mettre sous la protection du Comte de Savoie Amédée VII. La charte de la dédition est signée : le pays niçois devient une division administrative des Etats de la Maison de Savoie. Cette division prend le nom de « Comté de Nice » en 1526 : le nom de « comté » vient de l’italien contàdo. Il a donc un sens administratif et non féodal.

Assiégé en 1543, 1705 et 1793 par les armées françaises

En 1543, Nice est assiégée par les troupes françaises et la flotte ottomane de Khayr ad-Din Barberousse, le bey de Tunis, résultat de l’alliance de François Ier et de Soliman le Magnifique. La ville est prise après vingt jours, mais suite à la résistance des derniers défenseurs du château, la flotte se retire. C’est là que se place l’épisode de Catherine Ségurane.

Au printemps 1705, les armées du Roi de France commandées par La Feuillade mettent le siège devant les imposants bastions et tours de la ville de Nice, place forte redoutable et débouché stratégique en méditerranée des États de Savoie. Après quelques semaines de siège, la ville se rend, mais le château résiste aux tirs de l’artillerie du duc de Berwick. Louis XIV ordonne sa destruction totale. Elle sera définitive.

L’armée du Midi de la jeune République française entre dans Nice le 29 septembre 1792, et le 31 janvier 1793, la Convention nationale accepte l’intégration du Comté au sein du territoire national au travers de la création du département des Alpes-Maritimes. Les Barbets niçois luttent en vain contre l’occupation française dans le haut-pays niçois. Par exemple, près de Duranus, le « Saut des Français » garde le souvenir de soldats français qui ont été jetés dans le vide au-dessus de la Vésubie.

L’annexion de 1860

En 1859, la France du Second Empire et le Royaume de Sardaigne concluent une alliance dans le but de rejeter l’Autriche hors de l’Italie du nord, la France devant recevoir le comté de Nice en récompense pour son aide. La Grande-Bretagne et d’autres nations d’Europe, s’opposent à l’annexion de la Savoie et de Nice à la France, tout comme Giuseppe Garibaldi, lui même niçois. Le Traité de Turin, le 24 mars 1860, entérine le changement de souveraineté de la ville. La population niçoise semble tout d’abord assez réticente.

Lors des élections législatives de mars 1860, les deux députés élus par Nice au parlement de Turin, Giuseppe Garibaldi et Charles Laurenti Robaudi, sont farouchement opposés à l’annexion. Un plébiscite est voté les 15 et 16 avril 1860. Les adversaires de l’annexion appellent à s’abstenir, d’où le faible nombre de vote non. Le oui emporte
83 % des inscrits dans l’ensemble du comté de Nice et 86 % à Nice, en partie grâce à la pression des autorités (curés, syndics, fonctionnaires…). Pour Paul-Louis Malausséna, directeur de la revue Nice-Historique, lors du plébiscite les bulletins « non » n’étaient comptabilisés que si les votants fournissaient une « explication verbale » aux soldats français. Et à cette époque peu d’habitants du Comté de Nice parlaient le français couramment.

Le Comté de Nice comporte une côte d’une trentaine de kilomètres de long (en excluant celle de Monaco) et comprend les vallées du Var, de la Tinée, du Paillon, de la Vésubie, de la Bévéra et de la Roya, jusqu’à la ligne alpine de partage des eaux, laquelle sépare le Comté du domaine aujourd’hui piémontais (Apricale, Dolceacqua, Isolabona, Perinaldo, Pigna et Rocchetta Nervina). En langue niçoise, son nom est Comtat de Niça / País niçard selon la norme classique ou bien Countea de Nissa / Païs Nissart selon la norme mistralienne. A la semana que ven !

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