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Le numéro 197 de la revue culturelle bilingue français-niçois “Sourgentin” consacré à Cimiez sera présenté officiellement le jeudi 6 octobre à 14 h30 à l’Auditorium Louis Nucera de la Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale de Nice, 1 Av. Saint-Jean-Baptiste à Nice, en présence des responsables de la publication, Raoul Nathiez et Roger Rocca.

Marie Thérèse Pulvénis de Séligny, conservatrice du Musée Matisse, présentera « Matisse, hôte de Cimiez »,
et Jouan-Miquéu Bessi évoquera « Cimies nissart »

Une présentation à ne pas manquer!

SIES SEGUR QU’ES BEN NISSART, CIMIES ?

Per touplen de Nissart, soubretout aquestu d’en riba seneca dòu Paioun, Cimiez (que deurìan bessai escrieure Cimiès) noun sembla veramen un quartié nissart. Es ver qu’un bouòn segle de reviramen a fach d’aquéu luec un quartier per lu ric, couma un decorou artificial, fach d’oustarìa de lussou, de vila e de maioun… que couston pebre !  Segur, la plana vesina avìa tamben li siéu belli avenguda et lu siéu quartié privilegiat, ma la couòla semblava devenguda una « vila coulouniala », assoustant darrié d’auti clea lu palai dei fourestié fourtunat. E cau counfessà qu’aquestu « estrangié » poudìon estre de Francès qu’an passat lou Var après lou 1860…

Pura, si deven remembrà que « Cemenelum » es au couòr de la nouòstr’istoria despi doui milenari e, qu’un còu la vila roumana abandounada, Cimiès  es restat lountems una terra prousperouha, courtivada per de Nissart, denant que lu oulivié siguesson remplaçat per lu paumoulié o lu chèdrou…

Lou mounasteri dei padre francescan resta un centre de la vida poupulara, soubretout per lu festin qu’agradon touplen ai Nissart à cada generacioun. Ma lu alentour de la gleia fouguèron tamben, au lonc dei segle, un cementeri qu’a reçauput lou darnié souon de paisan vengut d’un mouloun de luec de la campagna nissarda e pas soulamen li grani familha qu’an sempre aquì de gran mounumen : en cercant lu vouòstr’antenat, encountrerès da segur de courtegi vengut aquì per lu camin despì Brancolar, Cap de Crous, Carabacel, l’Aubre o meme San Roc…

Aquestu darnié pensié noun cercon da legitimà un discutable « drech dòu souòl », ma puléu à encouragià lu Nissart  d’ancuei à si sentì au siéu soubre d’aquela couòla aimabla e de la si reaprouprià en lou couòr.

Jouan-Miquéu Bessi

 

CIMIEZ EST-IL BIEN NICOIS ?

Pour beaucoup de Niçois, ceux de la rive gauche du Paillon en particulier, Cimiez (qui serait peut-être plus acceptable orthographié en « Cimiès ») n’est pas ressenti comme un quartier niçois. Il est vrai qu’un bon siècle de mutations en a fait un quartier pour les riches, artificiel et superficiel, ville des palaces, des villas et des immeubles, trop chers pour la plupart… Bien sûr, la plaine voisine avait aussi ses belles avenues et ses quartiers résidentiels, mais la colline avait acquis une image de « ville coloniale », abritant derrière des grilles les belles demeures des étrangers fortunés. Le terme « étrangers » pouvant s’appliquer aussi aux Français ayant franchi le Var après 1860 !

Pourtant, il faut se souvenir que l’antique Cemenelum est au cœur de notre Histoire depuis deux millénaires et, qu’après l’abandon de la ville romaine, Cimiez resta longtemps une terre agricole assez favorisée et cultivée par des Niçois, avant que les oliviers ne cèdent la place à des palmiers ou des cèdres…

Par ailleurs, le monastère franciscain est un des centres de la vie populaire niçoise, en particulier lors des festins, si importants dans le cœur des habitants de toute la cité. Mais, les abords de l’église furent depuis des siècles un lieu de sépulture accueillant les défunts de la paysannerie d’une bonne partie des campagnes niçoises et pas seulement les grandes familles aristocratiques dont les tombes monumentales sont encore visibles. En cherchant vos ancêtres, vous pourrez imaginer les cortèges funèbres venant par les chemins de Brancolar, Cap de Croix, Carabacel, mais encore de la vallée du Paillon, vers « l’Arbre » ou même St-Roch…

Ces dernières réflexions ne cherchent pas à légitimer un quelconque « droit du sol », mais  à encourager les Niçois à se sentir chez eux sur cette aimable colline et se la  réapproprier affectivement.

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