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Mercantour, l’esprit des lieux / Olivier Lemire – Editions Gilletta

Aujourd’hui, nous vous présentons un magnifique ouvrage sur le Mercantour. Photos et textes d’Olivier Lemire. Le livre est édité par les éditions Gilletta, et vous pourrez le trouver dans toutes les bonnes librairies niçoises ou l’acheter en ligne.

Mercantour, l’esprit des lieux, est avant tout un livre de photographies de montagne qui sort des codes habituels du genre pour conduire le lecteur à un voyage intérieur. Douze grands thèmes (mystères, sèves, présences, correspondances…) pour autant de visions du monde qui chacune résonne avec nos sens : s’agira-t-il de goûter la neige ou de poser ses mains sur la roche, d’entrer dans l’eau ou de percevoir la caresse du vent, de regarder onduler le ciel comme de courir sur les pentes vertigineuses. De par son particularisme entre relief et Méditerranée, le Mercantour nous initie à un langage où intimité avec la nature et contemplation se rejoignent. Aussi simple et évident qu’un appel à gravir les cimes, ce regard nouveau sur la montagne traduit en mots et en images ouvre les portes de notre exaltation à vivre toujours plus haut.

Olivier Lemire est tombé amoureux du Mercantour en survolant le massif sur la ligne régulière Paris-Nice et y a arpenté toutes les vallées, à toutes les saisons, avec passion. Il est l’auteur de deux autres livres où il met en parallèle les itinéraires qu’il traverse à pied et des cheminements plus personnels : Celui qui marche au Cherche-Midi et L’Esprit du chemin chez Transboréal.

Ses reportages évoquant son tour de France des lieux-dits ont été également publiés durant tout l’été 2011 dans le journal La Croix.

Les Éditions Gilletta, nées de l’intuition du photographe professionnel Jean Gilletta, se sont imposées en acteur majeur du livre régional. Leur catalogue explore le patrimoine du sud de la France.

Je connais un pays farouche, territoire puissant et contrasté, théâtre de la démis- sion des Alpes venues dégringoler dans des gorges profondes et plonger vers la mer. C’est un lieu excessif, doué pour mêler les contraires et satisfaire les sens. Le ciel est si bleu qu’il en devient violet, et la pierre si colorée qu’elle en devient tableau. Les roches aiment y vérifier les lois de la pesanteur, posées à la verticale des abîmes ou effondrées le long des versants, et l’eau a tant de mal à trouver sa route vers les flots salés que les rivières se muent en serpents argentés. La neige n’en fait qu’à sa tête, aussi éphémère sur les pentes exposées au midi que décidée à ne plus quitter l’ombre des ubacs dès novembre. La flore en perd la raison et unit dans un même ensemble la lavande et l’edelweiss, l’olivier et l’épicéa. Montagne et Méditerranée, ici, exhibent les fruits de leur bouillante union dans le mélange confus du chaud et du froid.

Ces terres se parcourent lentement, car il faut faire l’expérience de la durée pour ap- préhender leur façon de séduire, d’envoûter, d’effrayer. Il s’agit de fouler du pied les chemins et de caresser de la main l’eau des torrents, le grain de la pierre, l’écorce des arbres. Chaque crête, chaque forêt, chaque vallée est un monde en soi, une terre d’aventure. Tout y emmène le corps vers le haut, exalté par l’ivresse des cimes. Plus bas, les villages accrochés aux adrets comme par miracle sont des promesses de contrées plus aimables ; des bêtes et des hommes y résident encore, peu nom- breux mais proches les uns des autres. Ils vivent en pleine lumière et à distance prudente des talwegs, trop dangereux, trop brûlants, trop glacés. Entre hautes altitudes et espaces habités, c’est un univers de vertige, rythmé de rares replats mis à profit pour soulager l’organisme et poser le regard.

Avec la lenteur du marcheur solitaire, il est temps d’aller chercher l’essentiel et de prendre connaissance de ce qui nous dépasse. Le moment est venu de se livrer à la montagne, tantôt à sa démesure, tantôt à son harmonie, d’accepter son silence et de s’abandonner à la magie du Grand Dehors.

Nous voici ouverts à ce qui, dans l’immensité de la géographie, nourrit l’esprit hu- main. Nous voilà tout petits et redevenus humbles, aptes à entrer dans l’intimité du massif et à en ressentir la nature profonde ; prêts à s’initier à l’esprit des lieux. 

Olivier Lemire

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